Jean VI François du Buc du Pacquerel, baron de Bretagnolles, Gouverneur de la Grenade.

Biographie selon les archives de la famille Du Buc et les archives publiques.

Le baron Jean-François du Buc,sieur du Pacquerel, du Fontenil, de Bretagnolles...

 Lieutenant des Gardes du Duc d'Elbeuf, compagnon de la Colonisation, Gouverneur de La Grenade de 1658 à 1660.

 

GENTILHOMME ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROI, ARMATEUR ET CAPITAINE DE NAVIRE A HARFLEUR-GUEVILLE-DIEPPE, COURAGEUX SERGENT ROYAL, GARDE DU CORPS DE MONSEIGNEUR LE DUC D’ELBEUF (COUSIN DU ROI), LIEUTENANT EN LA COMPAGNIE DE SES GARDES, JEAN-FRANÇOIS DU BUC EST UN HÉROS DE LA PRISE DE SAINT D’ANGÉLY EN 1621, AU COURS DE LAQUELLE IL EST BLESSÉ. EN 1619 ET 1622, LE CAPITAINE JEAN-FRANÇOIS DU BUC, PARTICIPE A LA PREMIÈRE EXPÉDITION MENÉE PAR AUGUSTIN DE BEAULIEU (CHEF DE MISSION) A SUMATRA ET JAVA EN ASIE. LE SIEUR DU BUC COMMANDE ALORS LA PATACHE « L'ERMITAGE » PARTI DE DIEPPE. IL DEVIENT COLON ET COMPAGNON DE BELAIN D’ESNAMBUC AUX ANTILLES EN 1623 ET 1635, PUIS NOMMÉ GOUVERNEUR DE L’ILE DE LA GRENADE DE 1658 À 1660 PAR MME DYEL DU PARQUET. RUINÉ, EMPRISONNÉ A CAUSE D’UN PROCÈS « DE MAGIE » ET DE TYRANNIE AUPRÈS DES COLONS, IL EST LIBÉRÉ EN 1661. IL FINIT SA VIE DANS SON MANOIR DE LA BARONNIE DE BRETAGNOLLES EN NORMANDIE, ET MEURT EN 1666.

Il existe un portrait de Jean VI François du Buc, alias du Buc-Richard, chevalier, baron de  Bretagnolles,  seigneur du Fontenil, du Pacquerel : une peinture à l’huile sur toile réalisée vers 1610 et attribuée à François Quesnel (1543-1619) portraitiste notamment du duc de Guise (le balafré) et du duc de La Force (compagnon d’Henri IV), Ecole Française, rentoilage et châssis XIXème. (Collection de la famille Du Buc).

 

Cet article est issu, en partie, de l’ouvrage « La Saga des Du Buc » écrit en 2013 par Y.B. du Buc de Mannetot avec la collaboration de son cousin F. Renard-Marlet, dans lequel sont reproduits les portraits des membres de la famille Du Buc des Antilles et de Normandie, avec plans, cartes, textes anciens, preuves de noblesse, attestations notariées, lettres, photographies, lithographies, cartes postales anciennes, affiches, gravures, invitations, tableaux, pastels, gravures, état-civil, aveux seigneuriaux, ordonnances du roi, nominations, condamnations, commémorations…

Sa naissance, sa jeunesse, ses premiers voyages dans le Nouveau monde

Jean VI François du Buc, dit François tout court, alias du Buc-Richard, chevalier, est originaire de la province d'Evreux en Normandie. On le cite comme sergent royal de la Marine, voyageur français, capitaine de navire et armateur lui-même à Guéville, Harfleur et Dieppe, lieutenant des Gardes du Duc d’Elbeuf. Il est cité dans des actes authentiques aux Archives de Seine-Maritime et d’Outre-Mer en 1623, 1625, 1626, 1635, 1657, 1658, …1663, 1666. Il est titré  baron de Bretingnolles alias Bretagnolles (Eure) ; seigneur du Pacquerel à Saint-Georges-sur-Fontaine (Seine-Maritime, 76) ; ensuite seigneur-héritier en partie du château du Fontenil appartenant à son père à Saint-Sulpice-sur-Risle, de Coussé (Orne, 61) ; enfin seigneur de Graveron, seigneur de Semerville, de Tournedos à Tournedos-Bois-Hubert, seigneur de Saint-Germain-de-Fresney, de Flexanville (Yvelines, 78). Il est qualifié de Gentilhomme Ordinaire de la Chambre du Roi.

Jean-François du Buc se marie à Jeanne L’Huillier-Regnard, originaire d’Iville dans l’Eure. Sa femme Jeanne L’Huillier-Regnard est la fille de Jean L’Huillier-Regnard et de Jeanne Lutre. Selon Charpillon-Caresme (p699-700), elle est issue d’une vielle famille normande qui eut des fonctions importantes. En 1482, Philippe Lhuillier, Chambellan du roi, Capitaine de la Bastille, était usufruitier de Quittebeuf. Sa fille épousa Louis PICARD, seigneur de Radeva. Isabeau Picard, fille de Louis et de Charlotte Lhuillier, épousa, en 1528, François Pompadour qui était mort en 1534, laissant 2 enfants (François et Madeleine).Les Lhuillier de Quittebeuf (entre Iville et Graveron-Semerville) portaient : « d’azur au lion issant d’or, posé en cœur, accompagné de 3 coquilles de même ». Quand au Nobiliaire universel de France, recueil général des généalogies…par Nicolas VITON de SAINT ALLAIS (1773-1842), il est dit pour certains Lhuillier sont alliés aux Regnard :

-Regnard (écuyer, sieur de Coustelaye, du Busc…Généralité de Rouen, maintenue le 3 mai 1667) : d’argent à une moucheture de sable, au chef de gueules, chargé d’un léopard d’or ». Page 203.

-L’Huillier (Généralité de Rouen) : « d’argent à trois quintefeuilles de gueules ». Page 135.

Quatre fils et 2 filles sont issus de cette union selon les recherches des généalogistes D’Hozier et L’Estourmy et les actes de Trouville La Haule : Jean VII du Buc (né en 1632) qui continue la lignée normande dans ses fiefs aux environs d’Evreux (Bretagolles, Saint Germain de Fresney), Mantes-La-Jolie (Lommoye, Flexanville) et Neufchatel (Brémont-Vatierville) ; Jeanne du Buc (née en 1636) ; Paul du Buc (né

en 1641) ; Guillaume IV du Buc qui continue la lignée à Iville près du Neubourg et Conches ; Pierre III du Buc qui crée la branche antillaise des colons Du Buc installés à La Trinité et au Robert sur l’île de la Martinique ; Marie-Madeleine du Buc mariée à Pierre-Antoine Le Ber, écuyer, sieur de Trouville, Conseiller en la Cour des Aides de Rouen.

Avant d’acquérir son nouveau fief de Guéville ou Guesville (petit château et ferme à Trouville-La-Haule dans l’Eure près d’Elbeuf et du Neubourg), il habite sur son fief du Pacquerel. Ce lieu-dit près de Rouen, qui est un quart de fief de Coqueréaumont, est orthographié « Le Pacquerel », « Le Pasquerel », « Le Paquerel », ou encore « Le Parquerel », se situe exactement sur la commune de Saint-Georges-sur-Fontaine, en Normandie (aveu de la seigneurie du Pacquerel (« Le Pacquerel ») à Saint-Georges-sur-Fontaine en 1628 pour Jean VI François du Buc (en patois normand « busc », voir sa signature). Cet acte notarié fut écrit et enregistré par Maître Jean LOUVEL, notaire à Bures de 1627 à 1629, le 20 juillet 1628, Cote ancienne 2E14, Pièce 496, Cote nouvelle 2E14/496, Tabellionage Royal de Bures, Nouvelle Acquisition des Arch. Dép. de Seine-Maritime (Rouen). Selon les renseignements obtenus en mairie le 1er octobre 2009, cette terre, dont est qualifié « sieur » Jean-François du Buc, est une ancienne métairie, c’est-à-dire une ferme appartenant aux Du Buc qui la louaient par bail à des paysans du village. Cette métairie du Pacquerel créée au Moyen-Age se situait entre le Manoir de Coqueréaumont (remplacé en 1868 par le château de brique construit par Mr Paul CAUDRON « de COQUERÉAUMONT », bourgeois de Rouen) et le village proprement dit. Il n’existe plus rien de cette métairie aujourd’hui. Un document sur « le Pacquerel » existe aux Archives Départementales de Seine-Maritime, et fut écrit en 1628 par Maître Jean LOUVEL, notaire à Bures de 1627 à 1629, après donc l’obtention des nouvelles Lettres de Noblesse accordées en 1623 par le roi Louis XIII à Jean VI François du Buc. Enfin, la présence des Du Buc/Du Busc alliés aux Du Bosc est notée dans les archives communales et dans le livre « Saint-Georges-sur-Fontaine, histoire d’un village sans histoire » écrit en 1997 par Serge ROUVERAND : « Avant 1406, date de l’acquisition du fief de Coqueréaumont par Nicolas du Bosc, les ancêtres de l’évêque de Bayeux, seigneurs de Tendos, portaient aussi le titre de seigneurs de Coqueréaumont. Ainsi ont fait Martin du Bosc son grand-père et Jean du Bosc son oncle dont nous avons parlé précédemment au moment de la captivité du roi Jean en Angleterre. Son cousin Guillaume du Bosc, qui vivait en 1382, s’illustra à la bataille de Roosbecque, le 27

novembre de cette année, bataille entre le roi Charles VI et les Flamands. Il suivit le monarque dans toutes ses guerres er ses deux voyages en Flandres. Qualifié d’escuyer dans des actes de 1381 et 1404, il fut maintenu en noblesse par lettres royales (6 février 1406). Il avait épousé Dame Péronnelle du Busc ». (page67-68). Sa seigneurie du Pacquerel étant vendue, il est cité seigneur de Guéville en 1639, et constructeur vers 1625 du château de Guéville, avant qu’il soit brûlé par accident à cause d’un feu de cheminée. Il n’en restera qu’une grosse tour carrée. Sa petite famille est donc dans l’obligation de s’installer à la vavassorie familiale du Buc à Iville près du Neubourg dans l’Eure.

De 1619 à 1622, le capitaine Jean-François du Buc, participe à la première expédition menée par Augustin de BEAULIEU (chef de mission) à Sumatra et Java en Asie. Le sieur du Buc commande alors la patache « L'Ermitage » parti de Dieppe. Augustin de BEAULIEU était commandant sur « la Marguerite ».Voici un extrait de la lettre de M. de Saint-André, chef de l’expédition à M. de Villars-Houdan, vice-amiral de Normandie, datant du 12 mars 1617 à Banten. (sources: extrait à la bibliothèque de Carpentras (13) ms-1777 «  pages 332-339 »). Les lettres sont extraites de l'ouvrage intitulé « La première expédition des Français à Banten » (1617) de Denys Lombard et Anne Lombard-Jourdan (1996) en page 63 : « Si l'on eust voulu croire du Bus (sic), nous n'eussions faict guieres d'honneur et tout point aux couleurs est enseignes de France, car tout aussy tost qu'il voyoit plus de navires que nous, il disoit que le roy de la mer vouloit que le plus faible cedast au plus fort, sans que pour les raisons d'un tel personnage nous ayons jamais trouvé aucuns navires qui pour ce subject nous aye voulu présenter le combat. De façon que jusques à présent nous nous pouvons vanter d'estre exemptz et affranchis de ceste honte et sur quoy je luy faict une infinité de reproches, croyant toute autre chose de luy que je n’en aye veu ce voyage. En 1619, le sieur du Buc est encore cité dans les parchemins d’une compagnie de négociants de Dieppe, crée pour le commerce des Indes « ayant armé le Montmorency, capitaine Augustin de Beaulieu, l’Espérance, capitaine Robert Gravé, et l’Ermitage, capitaine du Bucq, cette nouvelle expédition connut meilleur fortune et revint des Indes avec une abondante et riche cargaison » (p174 Dieppe par René Herval, éditions Ozanne, Caen, 1947).

Tout ceci correspond aux périodes d'expéditions menées en Asie juste avant celles des Caraïbes par Jean-François du Buc-Richard dit parfois « du Bu » ou « du Busc » dans les actes religieuX ou notariés de famille. En patois normand, on  prononce rarement  le « sc » ou le « c » à cette époque.

En 1620, Louis XIII doit convenir d’un passage en Normandie pour arrêter les révoltes antiroyalistes : beaucoup de nobles ont rejoint les idées de la reine régente Marie de Médicis mais seront contraints de se rallier à Louis XIII après la bataille victorieuse du roi à Caen et à Angers. Le roi retrouva donc ses sujets sous sa domination. Louis XIII logea pendant ce passage normand au château du Fontenil (chez les Du Buc) et à L’Aigle (chez la baronne Marie d’Aubray), le calme étant revenant dans cette ville.

Le château du Fontenil construit en 1544, en Normandie, près de L’Aigle, propriété de la famille Du Buc, fut la demeure où vécurent quelque peu Jean-François du Buc et ses fils (dont son fils cadet le colon Pierre du Buc maître d’Habitation à la Caravelle et au Marigot
à la Martinique) durant leur jeunesse. Le château du Fontenil était déjà quelque peu lié à l’histoire de la Martinique. En effet, Jean VI François du Buc y avait préparé un armement pour les Antilles avant de partir pour Dieppe où il s’embarqua le 25 mai 1635 avec le soldat Charles Liénard, seigneur de L’Olive, et l’avocat dieppois nommé Jean du Plessis, seigneur d’Ossonville, parent du Cardinal de Richelieu. C’était le début de la Colonisation Française. Tout jeune déjà, après avoir servi en 1621 comme lieutenant des Gardes du Corps du Roi sous les ordres du capitaine de Monchy et du Duc d’Elbeuf, cousin du roi, lors de la bataille de Saint-Jean-d’Angély, Jean VI François du Buc s’engage au Havre, dit alors « Le Havre de Grâce », en 1623, avec Pierre Baillardel, sous les ordres de Messire Pierre de Belain (ou Blain « tout court » suivant les écrits) d’Esnambuc pour conquérir nos futures îles antillaises…Tout ceci est audacieux et coûte cher…Il vend donc ses parts du Fontenil à sa famille et aux Foulognes. La chambre du Gouverneur Jean-François du Buc dit « le tyran » (gouverneur de l’île de La Grenade), père du colon martiniquais Pierre du Buc dit « le brave » (planteur à La Trinité de Martinique). Cette chambre se trouve dans la grosse tour ronde au premier étage. Le Fontenil appartient depuis 1981 au chercheur scientifique-généticien Philippe Lherminier.

Mais revenons à cette époque de 1621-1623. Jean-François est Garde du Corps de Monseigneur Charles II de Guise-Lorraine, duc d’Elbeuf (cousin du roi, né le 5 novembre 1596, mort à Paris le 5 novembre 1657,  Paire de France, duc d’Elbeuf de 1605 à 1657, comte d’Harcourt, comte de Lillebonne, comte de Rieux, baron d’Ancenis, seigneur de Villemareuil, Chevalier du Saint Esprit reçu le 31 décembre 1619). Il devient ensuite Lieutenant en la Compagnie des Gardes de Monseigneur le Duc d’Elbeuf, et participe au siège de Saint  Jean d’Angély. Le lieutenant du Buc est alors sous les ordres de Georges de MONCHY, chevalier, seigneur de Monchy et de Talmas, Capitaine des Gardes de Charles de Lorraine, duc d’Elbeuf, lors du siège de Saint-Jean-d’Angély en 1623. Georges de MONCHY avait épousé Marie-Louise de GHISTELLE. (Dictionnaire de la Noblesse Vol 3, François Alexandre AUBERT de La Chesnaye des Bois). Les De Monchy ont toujours été proches des Du Buc puisqu’ils habitaient la même paroisse de Vatierville en Seine-Maritime (leurs noms sont cités dans les registres religieux).

La fonction de Capitaine et Lieutenant des Gardes du Corps du Roi :

Définition de « capitaine des gardes » : « appelé Capitaine des Gardes du Corps ou tout simplement Capitaine des Gardes, le Capitaine avait pour rôle la direction d’une des quatre compagnies des Gardes du Roi. Le Capitaine des Gardes était toujours derrière le fauteuil du roi à son dîner et au souper. En cas d’absence, par infirmité ou par quelques autres raisons, les Lieutenant des Gardes et Enseignes jouissent successivement, l’un après l’autre, des avantages que leur donnent leurs charges. Le Capitaine des Gardes, qui est en quartier, ne quitte point le roi depuis qu’il est levé et sorti de sa chambre, jusqu’à ce que le roi y soit rentré pour se coucher. Il est toujours logé dans le château et fort proche de la chambre du roi. Lorsque le roi donne audience à son ambassadeur, c’est lui qui le reçoit et le conduit jusqu’à la chambre de Sa Majesté. »

Définition de « lieutenant des gardes » : « le Lieutenant des Gardes remplace poste pour poste le Capitaine lorsque ce dernier ne peut se déplacer. Pour accéder à ce grade, le roi exigeait de faire ses preuves, et 200 ans de noblesse étaient nécessaires. Le Lieutenant des Gardes marche presque toujours devant le roi, sauf lorsque le capitaine des cent-suisses auquel cette place est destinée est présent. Le Lieutenant des Gardes se met à la droite du roi. »

Nouvelle Noblesse

De Nouvelles Lettres de Noblesse (malgré ses 200 ans d’ancienne noblesse requis et établis pour sa fonction de lieutenant) sont données à Jean-François du Buc qui blasonne alors « d’azur à l’épée posée en pal à la poignée et garde d’or, enlacée d’une palme et laurier aussi d’or » avec « Timbre et lambrequin », en récompense de ses services militaires et de ses blessures durant les Guerres de Religion. Ces Lettres d’anoblissement sont signées par Louis XIII  le 5 septembre 1623. Ses Lettres Patentes de relief d’adresse ont été enregistrées le 5 septembre 1624. Et le tout est enregistré en la Cour des Aides de Rouen le 5 février 1625 au 25ème volume fol 138, et au registre du Conseil page 157, et vérifiable dans un des registres mémoriaux de la Cour des Aides allant de 1575 à 1789.

1er mai 1623 au Havre : Pierre Belain d’Esnambuc, Jean-François « du Busc », Pierre Baillardel… quittent le port normand du Havre dit « Grâce ou Le Havre de Grâce » pour prendre la direction du Brésil et du Pérou.

L’acte notarié, concernant les affaires de Mr Belain d’Esnambuc, selon les écrits du père Du Tertre rapportés par Bréard, fut enregistré le lundi 1er mai 1623 au Havre dit alors « Le Havre de Grâce », par devant Jehan Frecquet, notaire et tabellion royal, et par son adjoint Maître Charles Le Manquais, procureur. Cet acte note le départ ce jour, l’après-midi, du navire « L’Espérance » portant 100 tonneaux avec sa centaine de passagers dont quatre-vingt deux noms sont lisibles sur l’acte.

Le capitaine du navire (qui a la responsabilité générale  des affaires du navire et du navire) est « Pierre de Blain, écuyer, sieur d’Esnambuc » ; son lieutenant est « Henri de Chantail, écuyer » ; son enseigne Jehan Levasseur ; son maître de navire Guillaume Lescuier (qui commande l’équipage) ; ses pilotes Charles Dufour, Jacob Le Berquier, et Jacques Lémery. Ces officiers sont accompagnés de leurs soldats dont Baillardel et le sergent royal « Jean-François Dubusc » qui joueront un rôle important à la Martinique. L’intrépidité de Jean-François du Buc l’avait fait connaître du grand chef dans leur Normandie natale. Jean-François du Buc accompagne donc son voisin normand Pierre Belain d’Esnambuc lors de cette traversée. Ces deux hommes, issus de petite noblesse normande, se connaissent bien, puisqu’ils sont voisins. Leurs seigneuries respectives étaient proches l’une l’autre : il fallait juste traverser la Seine pour se rencontrer. Il y a aussi les contremaîtres, maître-valets, tonneliers, canonniers, maîtres, chirurgiens, aide-charpentiers, serruriers, maréchal, cuisiniers.

Tout ce petit monde est d’origine normande : Le Havre, Rouen, Rennes, Dieppe, Fécamp, Montivilliers, Honfleur, Harfleur, Cherbourg. Ils doivent faire le voyage avec bonne conduite jusqu’au Cap-Vert, Cerlionne, Brésil et Pérou selon l’acte-contrat de commerce signé le 4 février 1623 par l’Amiral de France : ils doivent vendre, troquer, et ramener des marchandises, bêtes et oiseaux. Apparemment, il n’y a pas d’ecclésiastique, ni de femme parmi les voyageurs.

La deuxième arrivée des Français à la Martinique le 23 juin 1635 par Liénard, sieur  de L’Olive, par Du Plessis, sieur  d’Ossonville, et par Du Buc, sieur du Pacquerel.

Mais nous savons que l’honneur d’arriver comme « premier Français » à la Martinique et à la Guadeloupe ne revint pas à Mr Belain d’Esnambuc. Un des ses lieutenants « traîtres », le soldat Charles Liénard (ou Lyénard), seigneur de L’Olive, l’avait devancé en France et avait obtenu de la Compagnie, pour lui et un avocat dieppois nommé Jean du Plessis, seigneur d’Ossonville, parent du cardinal, le commandement pendant dix ans, moyennant une redevance d’un dixième des produits, de celle de ces trois îles antillaises (Martinique, Guadeloupe, Dominique) où il jugerait convenable de s’établir.

Mr du Plessis d’Ossonville avait préparé, dans une auberge de Dieppe, avec Jean-François du Buc un armement pour les Antilles, grâce à son « parent éloigné », disait-on, le cardinal. Ils signèrent un accord particulier le 14 février 1635. Ces trois hommes (Messieurs du Plessis d’Ossonville, Lyénard de l’Olive, et du Buc du Fontenil) ainsi que Constant d’Aubigné, père de Mme de Maintenon, réussirent à convaincre des malheureux engagés grâce à leurs fallacieuses promesses de racoleurs. Ces quatre Français menèrent donc la malheureuse expédition martiniquaise du 23 juin 1635 (un des vieux documents dit également le 25).  Un mois auparavant, tout ce monde s’embarqua sur deux navires, dans le port de Dieppe, le 25 mai 1635. On embarqua même 4 religieux dominicains : les Pères PELICAN, RAYMOND, BRUCHEY, et GRYPHON. Les 550 personnes débarquèrent donc au même endroit que Christophe Colomb au Carbet, village actuel de la Martinique ! Leur traversée de l’Océan Atlantique avait été très rapide grâce au beau temps et aux vents forts. Les trois chefs ci-dessus nommés, 40 familles normandes d’origine paysanne, 30 « dames de mauvaises mœurs » (des prostituées du port de Dieppe ou de Paris), et 400 laboureurs engagés recrutés à Dieppe arrivèrent donc à la Martinique sur la plage du Carbet « remplys de serpens »  ce fameux 23 juin 1635 pour aller coloniser l’île. Hélas, ils en étaient repartis au bout de trois jours, épouvantés par ce qui s’y passait. Voyez donc !  Ils avaient évité de justesse d’être capturé par les cannibales martiniquais. Les indigènes mangeaient en effet les blancs. C’était pour eux une façon de réduire l’ennemi à néant. Le fait de se nourrir de la chair de l’envahisseur blanc venu d’Europe signifiait qu’on le possédait.

           Les Français préférèrent donc débarquer le 28 juin 1635 à la Guadeloupe, terre beaucoup plus calme.  En effet, la Guadeloupe était calme, tellement calme que les Français sont bien accueillis par les Caraïbes pacifistes. Heureusement, d’ailleurs, car le groupe de colons fut victime d’une terrible famine : l’expédition avait été pourvue de viandes et de morues vite avariées et des cas de nécrophagie furent même signalés. L’Olive et ses compagnons dont Le Sieur du Buc, dit « du Bû » voir « du Bu » ou encore « du Busc », débarquèrent avec une idée de paix à Pointe Alègre (au lieu-dit « la rivière Vieux-Fort ») près de Sainte-Rose, et  y plantèrent une croix religieuse, juste à côté de villages caraïbes, en chantant religieusement. Mr du Plessis et ses hommes s’installèrent, eux, à l’est « sur la rivière du Petit-Fort ».

Au début, les relations entre Français et Caraïbes sont bonnes. Il y a même quelques mariages entre eux. Mais Mr du Plessis ordonnera par la suite de mener la guerre contre les indigènes pour s’approprier l’île entière. Le Sieur Jean VI du Buc, soldat de la Marine Royale, avait même noté durant cette période : « en fasce la rasce caraybe qui livroit une guerre sans tresve ni merci » ; « les caraybes formoits une rasce de liberté là défendoit jusque mort ». Cependant, le sieur Jean François du Buc retourne fin 1635 en France avec Du Plessis, la ruine de la Compagnie de Saint-Christophe étant consommé, ceci étant confirmé par Frédéric Régent dans « la France et ses esclaves » (page 117) écrit en 2007. D’Aubigné repartira un plus tard (en 1636) à Saint-Christophe.

Mr Jean du Plessis d’Ossonville mourut au bout de 6 mois, apparemment sur le bateau du retour : le 4 décembre 1635. Quant à Mr Charles Liénard de L’Olive et Mr Jean-François du Buc, ils attaquent et exterminent, de 1635 à 1639 les Caraïbes avec l’aide des flibustiers des îles voisines pour s’emparer de leurs jardins et de leurs femmes, et réussissent à créer quand même un établissement sur le site du Vieux-Fort, à l’extrémité méridionale de Basse-Terre. A cause de la fièvre jaune et des attaques indiennes, le contingent français voit son nombre se réduire.

Les Français ont construit en 1635 sur l’île de Saint-Christophe un château qui leur sert de quartier général et de maison de Gouverneur des Iles du Vent appartenant au royaume. Le premier gouverneur général des Antilles Françaises à habiter ce château dit « de La Montagne » à Saint-Christophe fut Monsieur Philippe de Longvilliers de Poincy, chevalier de Malte. On l’appelait « le Commandeur ». 1 Château ; 2 Jardin ; 3 Basse Cour ; 4 Chapelle et Offices ; 5 Ecuries ; 6 Tour des Munitions ; 7 Ville d’Angole. Ce dessin est à découvrir dans « La Saga des Du Buc ».

Et enfin Jean-François du Buc, gouverneur de la Grenade !

Jean-François du Buc, était revenu des Antilles, de Saint Christophe exactement, la dernière fois en 1657 avec un souvenir terrible des cannibales appelés « les Caraïbes » qui habitaient sur l’île de la Martinique.

                        En décembre 1657 à la mort du duc d’Elbeuf dont il dépendait, il décide de repartir à la Martinique et fait son dernier voyage avec 80 hommes vers « Madinina » où il débarque le 25 juin 1658 en remplacement du  colon démotivé Jean III de Faudoas, comte de Sérillac ; il est nommé gouverneur de la Grenade par Mme veuve Dyel du Parquet le 8 juillet 1658 et succède à Louis de Caqueray de Valmenières, ceci étant confirmé par les Archives des Caraïbes n°1-2-4-9 en 1973. A noter que les Du Buc sont liés par mariage aux De Cacqueray, selon des actes retrouvés dans la paroisse de Vatierville (Seine-Maritime, 76). À la différence de son prédécesseur, Du Buc traite durement ses administrés dont plusieurs retourneront à la Martinique, car ils ne peuvent plus le supporter ! Considéré comme un terrible assassin et un tyran conseillé par « des sorciers-magiciens », il est arrêté au fort de Grenade par des colons rebellés le 28 octobre 1659, et jeté en prison. L’auteur du témoignage accuse le sieur du Buc d’avoir un peu avant juillet 1659 consulté un magicien pour se donner au démon corps et âme, ceci étant confirmé par Jean Petitjean-Roget et Elisabeth Crosnier en 1975 dans « Histoire de l’île de Grenade » aux pages 28-29-30.  Un procès dure jusqu’à juillet 1661. On fait référence à l’exode biblique 22-18 (« tu ne laisseras point vivre la sorcière-magicienne ») : il doit mourir car il fait le mal. Cependant, des doutes persistent sur ce témoignage, et il est relâché grâce à l’intervention royale pour service militaire rendu à l’Etat, mais doit rembourser ses dettes dues à ses dépenses faramineuses. Il échappe de justesse à une condamnation à mort. Il vend ses parts du château du Fontenil, hérité de Siméon (Simon) du Buc, car il a perdu une partie de sa fortune dans ses voyages et investissements sans succès aux îles du vent.

Voici deux lettres de 1658 relatées par le célèbre narrateur Du Tertre qui fait référence au sieur du Buc, et au bateau « L’Espérance » commandé par son ancien compagnon-capitaine de Dieppe Robert Gravé, cité plus haut :

Lettre 1 : « Et donc le mauvais temps ayant contraint cette colonie de relasher à Porcemur en Angleterre, ainsy que je vous fis voir l’année passée elle se desbanda si fort, que de quelque 300 personnes qu’elle estaoient elle fut réduite à quelques 60-et-dix ou environ qui en partirent le 25ème avril dans un autre navire dit « L’Espérance » qui venoit à la Barboude isle anglaise, pour y charger du sucre, le prelier ne s’estant trouvé, visite faicte, assez fiort pour achever le voyage en La Grenade, soubs la conduite du Sieur du Buc gentilhomme du pays du Mans... » « Nous Jean de Faudoas Comte de Cérillat gouverneur pour Sa majesté très chrestiène des Isles de La Grenade et Grenadins, à tous ceux qu’il appartiendra après la cognoissance parfaicte que nous avons de la fidélité et expérience au faict des armes du Sieur Dubu nous l’avons nommé pour la conduite et commandement de nostre colonie en l’isle de La Grenade, pour en nostre absence commander icelle et ordonner de toutes les choses nécessaires, pour l’utilité de nostre establissement en icelle, enjoignant à tous de luy obeir comme à nostre propre personne. Et en cas qu’il vinst à mourir, ce que Dieu ne veuille, nous avons nommé en son lieu et place le Sieur Bonnebourg nostre capitaine des Gardes. En foy de quoy nous avons signéz ces présentes à Gosport ce quinze jour d’avril 1658 et à icelle faict apposer le cachet de nos armes. Signé sur l’original du papier Jean de Faudas et scellé d’un cachet de cire d’Espagne rouge. »

Lettre 2 : « Cette commission fut accompagnée d’une lettre pour estre présentée à Monseigneur le général du Parquet, de qui il ne seavoit la mort, dont voicy la teneur : A monsieur Monseigneur du Parquet propriétaire des Isles de La Martinique et Ste Alousie, et lieutenant du Roy ès dittes isles, à la Martinique. De Gosport, ce 10 avril 1658. Nous, François du Bu, chevalier seigneur de Cossé lieutenant pour Monsieur le Conte de Sérillac en cette isle de la Grenade et Grenadine, reconnaissons que le contenu du mémoire cy-dessus nous a esté deslivré et mis en les mains par Monsieur de Loubier procureur spécial de Madame la Généralle du Parquet en exécution du contract de vente de ceste isle, à la réserve de ce que M. de Valminière nous a déclaré luy apartenir, desquelles choses deslivrées, nous, comme ayant pouvoir dud sieur conte de Sérillac avons deschargé et deschargeons led sieur de Loubiers au nom et promett de l’en faire descharger envers et contre tous et de rendre lesd grenade et poudre au d Blanchard et la Bédade suivant la déclaration qui a esté faitte que lad poudre et grenade leur appartiennent, faict à la Grenade les jour 8 juillet 1658, signé sur l’original Valmainière et du Bu. Collation faine sur l’original estant en pappier... Le 1 jour d’août 1658. De Villers Greffier. »

C’est ainsi qu’il devint Gouverneur pendant un an de l’île de la Grenade du 8 juillet 1658 au 28 octobre 1659. Quand il doit repartir pour la France, il s’assure que son fils Pierre III du Buc soit en sécurité auprès de Madame du Parquet ou du Gouverneur de Saint-Christophe. En effet, ce jeune fils cadet, âgé d’a peine dix-huit ans, est recherché par les Mousquetaires de Mazarin à cause d’un duel : il a tué en 1657 à Criquebeuf-La-Campagne, en Normandie, son cousin Antoine de Biencourt, seigneur de Chauvincourt, dont la famille faisait des affaires commerciales maritimes à La Rochelle. Il sait également que son fils ne pourra plus revenir en France pendant longtemps à cause de la dérogeance qui le touche de plein fouet. Triste sort pour ce jeune fils téméraire et fougueux de dix sept ans passé qui perd sa noblesse, mais qui la retrouvera en 1701 grâce à ses services militaires et agricoles rendus à l’Etat : campagnes militaires abondantes comme le père, mais qui lui valut d’être estropié, implantation du cacao et du café, sans oublier la création de la première sucrerie martiniquaise...

Jean-François du Buc retourne donc gérer ses affaires en Normandie, commence à construire les fondations et un début d’aile du château de Graveron (Eure), mais est contraint de stopper ces travaux et à préparer « sa retraite » méritée dans son manoir de Bretagnolles : cela fait plus de 35 ans (depuis 1623) qu’il sillonne les mers en tant que sergent, lieutenant, et capitaine.

Jean-François du Buc vend donc sa terre du Fontenil pour cause de dettes et d’une succession familiale difficile et son château aux héritiers de sa tante Françoise du Buc, alias du Buc-Richard, dame en partie du Fontenil et patronne de Saint-Symphorien des Bruyères, mariée le 12 janvier 1559 en premières noces avec Charles Le Héricy, chevalier, chevalier de l’Ordre du Roi, seigneur de Fierville (dit aussi « Pierville ») près Caen dans la vicomté de St Sylvain (Calvados), de Vieux à Fierville, d’Amage, de Mezet,  dont un fils Charles est issu. Françoise du Buc du Fontenil, veuve de Charles Le Héricy, se marie en deuxièmes noces avec Charles de Taillebois (Pas d’enfant de ce second mariage).

La retraite, la mort, le  tombeau de Jean-François du Buc

Le Sieur du Buc meurt le 30 novembre 1666 dans son manoir et baronnie de Bretagnolles, juste après l’enregistrement de sa maintenue de noblesse le 14 août 1666 : Maintenu dans la possession de sa noblesse rendue à Rouen (suite à l’assignation par le marquis Jacques Barin de La Galissonière du 14 avril 1666, chargé des recherches de preuves de noblesse de 1666 à 1682) par jugement le 14 août 1666, sur Preuves anciennes sur titre de 1623 pour lui et 1543 pour son père (Manuscrit inédit et précieux sous forme de journal-livre reliure veau, titré « Nobiliaire de la Ville et Généralité de Paris », constitué des assignations et des jugements sur les preuves de Noblesse, paraphé deux fois par Clairambault, Procureur du Roi pour la recherche de la Noblesse de la Généralité de Paris faite en exécution de la déclaration du 4 septembre 1696, cote MS 1222 (CP5478) Série 30 ; famille du Buc-Richard f° page 121 verso Election de Mantes-La-Jolie ; f° page 131 recto Election de Montfort L’Amaury ; Bib. Hist. Ville de Paris, en l’Hôtel de Lamoignon 24 rue Pavée Paris 4ème) ; (Confirmé par le Dictionnaire des communes du département de l’Eure écrit en 1879 par Mr Louis Etienne Charpillon, Juge de Paix, avec la collaboration de Mr l’abbé Anatole Caresme (1815-1876), curé de Pinterville près de Louviers, Res Universis, Paris, Archives Départementales de l’Eure à Evreux/Archives Privées ; Tome I Page 551 « Bretagnolles ») ; (Confirmé par M. de Saint-Allais (Page 49) dans « Nobiliaire Universel de France ou recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume », Tome VI, 1ère partie, Paris, Editions Bachelin-Deflorenne, 1874.

Considéré comme un grand homme de valeur chrétienne (évangélisation), il est enterré dans l’église de Bretagnolles, sous les marches de l’autel (chœur) avec l’autorisation de l’Eglise, ayant droit de patronage sur cette église. C’est l’archevêque de Rouen qui procéda à son inhumation en présence de tous les habitants des paroisses voisines. Sur sa tombe sont gravés son nom et celui de sa femme. Voici ci-après les inscriptions quelque peu effacées notées dans une note historique officielle émanant de Mme le Maire de Bretagnolles, d’après les travaux de recherches des historiens. Cette épitaphe constatée en ce jour du 27 mars 2009 par Mme le Maire et Mr du Buc de Mannetot, descendant des du Buc du Fontenil, de Bretagnolles et de Brémont, est conforme à la note historique, dont la photocopie a été remise précieusement à Mr du Buc de Mannetot par Mr Jean-Claude Letessier, Mme Any d’Avray, propriétaire aujourd’hui de la « baronnie de Bretagnolles » près de l’église, grâce aux bons soins de Mme Violaine Pauline, Maire de Bretagnolles. Elle est reproduite ci-après :

   DU     BU                       ON                          LIER

                                     SIEUR       DE                                                                       ET   DE

 FLEXAN                      ,      LEQUEL DÉCÉDA

                                           LE   30ème   JOUR    DE              MBRE

                                                1666           

PRIER DIEU POUR LUI

  

Les éléments d’information provenant des archives publiques, et des archives privées de la dite-famille du Buc, permettent d’en donner l’explication précise suivante :

MESSIRE   JEAN   FRANCOIS  DU   BUC   DU   FONTENIL   CHEVALIER  

                 SIEUR DE  BRETAGNOLLES   DE SAINT GERMAIN DE FRESNEY ET   DE

 FLEXANVILLE,   LEQUEL  DÉCÉDA

                                           LE   30ème   JOUR    DE    NOVEMBRE

                                                1666           

PRIER DIEU POUR LUI

Quant au manoir de Bretagnolles, proche de l’église, dans l’Eure, où vivait Jean-François du Buc, il en reste seulement les vestiges de la porte cochère et de la porte d’entrée (portillon) du manoir avec le blason de la famille du Buc. Ce blason « d’or à la bande d’azur » devrait restaurer prochainement par Jean-Claude Letessier et  Madame Any d’Avray, Industrielle capillaire de renommée mondiale, propriétaires de l’ancienne ferme seigneuriale dite « du bonheur » au 13, rue de l’église et de la maison au 11, rue de l’église où fut érigée « La Baronnie » (Mme Any d’Avray est Présidente de l’Association pour la Sauvegarde et la Restauration de l’Eglise de Bretagnolles). Ce domaine appartenait jadis aux barons de Bretagnolles, puis en 1249 à la reine Blanche de Castille qui en fit don à l’abbaye de Maubuisson, donation approuvée par son fils le roi Saint-Louis. Ce fief de Bretagnolles passa dans les mains des du Buc vers 1543. Les du Buc en furent propriétaires, par aveux aux abbesses jusqu’à la Révolution. Le manoir de Bretagnolles fut pillé à la Révolution par les habitants de Fresney et de Saint-Germain-de-Fresney, malgré la riposte des habitants de Bretagnolles. On y mit le feu. Le curé réussit à  sauver quelques meubles et tableaux de la famille du Buc, et les mis dans son presbytère. Le dernier seigneur est connu sous le nom « citoyen Dubuc-Fontenil ».

Son fils aîné Jean  lui succède à Bretagnolles et Flexanville

Jean VII du Buc, alias du Buc-Richard, dit « Monsieur ou Sieur de Flexanville », écuyer puis chevalier, baron de Bretagnolles ,« sieur d’une vavassorie à la baronnie de Bretagnolles, devant hommage à l’abbesse du Maubuisson, dame et patronne de Bretagnolles » (y demeurant), de Flexanville (Yvelines, 78), domicilié à Bretagnolles. Il a hérité de son cousin (François-Pierre du Buc, seigneur d’Ecorchet à Fresney, de St Germain de Fresney en partie, de Tessay, Les Cormes-Villarceaux, Balu, ce François-Pierre étant marié à Marie-Marthe de Biencourt, demeurant Chauvincourt) de la terre de Flexanville. Il a hérité de son cousin (Gédéon Ier du Buc, écuyer, domicilié à Bretagnolles, seigneur de Berchères-sur-Vesgres près d’Anet (Eure-et-Loire, 27), seigneur de La Mairie de Herces à Berchères-sur-Vesgres, de Valmont, cité en 1625, 1628, 1654, Procureur du Roi au Grenier à Sel de Dieppe, mort en 1654. « Capitaine d’une compagnie entretenue au service du Roy ») de la terre de Berchères : selon Mémoires et Documents (p142) « 1657 : Jean du Buc-Richard, chevalier, seigneur de Flexanville, héritier de Gédéon du Buc-Richard, chevalier, seigneur de Saint Germain et de la Mairie de Berchères ». Il est en 1660 Garde du Corps du Roi à la 3ème brigade (185 gardes) de la 2ème Compagnie dite « Compagnie de Rochefort » (792 gardes) selon le Catalogue des Gardes du Corps du Roi, né  le 1er octobre 1632 sur le fief de Guéville alias Guiville-Guainville-Guesville au petit château de son père  assis à Trouville-La-Haule (Eure) près de Pont-Audemer et d’Elbeuf, mort à Flexanville le 31 mars 1693, inhumé dans l’église (chœur) de Flexanville (Yvelines) le 1er avril 1693. Sur son fief de Flexanville existe une grande ferme (halte de chasse) située près de la mare (cette mare n’existe plus aujourd’hui) face à l’église, et réservée au roi pour ses chasses à cour depuis Versailles. Témoin d’un mariage à Saint Germain de Fresney le 2 octobre 1690. Selon Charpillon (p551) : « le 14 août 1666, Jean du Busc-Richard, écuyer domicilié à Bretagnolles, fut maintenu de noblesse en même temps que son cousin François du Busc, seigneur de St Germain de Freyney ».Témoin de mariage à Bretagnolles le 14 juin 1677 et le 6 nov 1690. Cité en qualité de « sergent royal » et témoin le 15 octobre 1663 dans un acte de cession de rente d’Aymar de Dampierre, seigneur de Montlandrin, à François de Hocquelus, seigneur de Fumechon, acte écrit par Jehan Duponchet, tabellion à Mortemer, signé à Bailly-en-Rivière (Arch. Nat. CARAN 289AP/5 Dossier 4). Jean VII fut marié avec Marie Elisabeth de Sailly, (sœur de Simon de Sailly, seigneur de St Cyr en Arthies et de Pommereuil, marié à Marie de Vyon), fille de Jacques de Sailly, écuyer, seigneur de Saint Cyr en Arthies et de Pommereuil (Pays du Vexin, Val d’Oise, 95) et d’Elisabeth de Halgoit (Halgoet), morte au manoir de Bretagnolles (Eure, 27) le 23 octobre 1705 (certificat du curé) à environ 50 kilomètre de Flexanville, transportée et  inhumée en l’église (chœur) de Flexanville (Yvelines, 78) le 26 octobre 1705. Quinze enfants sont issus de ce mariage ! (D’où l’actuelle descendance Du Buc en Normandie).

                                                                                                                                Fin

                                                                                                                 Y.B. du Buc de Mannetot

 

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