Le comte Jean-Baptiste-César du Buc de Saint Olympe, dit "Dubuc-Saint Olympe"

Biographie selon les archives de la famille Du Buc et les archives publiques

 Le comte Jean-Baptiste-César du Buc de Saint Olympe,  

« L’homme qui aimait tant Haïti (l’ancienne partie française de Saint-Domingue) et qui élabora sa constitution » ; « Responsable de la Martinique et de la Guadeloupe auprès du roi Georges III d’Angleterre » 

LE COLON DU BUC DE LA BRANCHE BAUDOUIN-DE SAINT OLYMPE-DE RAMVILLE. LE JEUNE DU BUC-DE SAINT OLYMPE PASSE SA JEUNESSE SUR SON ÎLE NATALE, PARTICIPE A LA GUERRE D’INDEPENDANCE AMÉRICAINE, PUIS FAIT SES ÉTUDES DE DROIT EN FRANCE ET EXERCE UNE BELLE CARRIÈRE POLITIQUE ET PROFESSIONNELLE À LA GUADELOUPE, À LA MARTINIQUE, ET À SAINT-DOMINGUE (HAÏTI) : PROCUREUR DU ROI DE LA JURIDICTION ET DE L’AMIRAUTÉ DE LA BASSE-TERRE EN GUADELOUPE, JUGE DE LA SÉNÉCHAUSSÉE ET LIEUTENANT AU SIÈGE DE L’AMIRAUTÉ DE LA POINTE-À-PITRE EN GUADELOUPE, DÉPUTÉ À SAINT-DOMINGUE, ADMINISTRATEUR ET INTENDANT DE LA MARTINIQUE ET DE LA GUADELOUPE. SON ARRESTATION. SA RETAITE EN FRANCE A PARIS. SON TESTAMENT. 

Cet article est issu, en partie, de l’ouvrage « La Saga des Du Buc » écrit en 2013 par Y.B. du Buc de Mannetot avec la collaboration de son cousin F. Renard-Marlet, dans lequel sont reproduits les portraits des membres de la famille Du Buc des Antilles et de Normandie, avec plans, cartes, textes anciens, preuves de noblesse, attestations notariées, lettres, photographies, lithographies, cartes postales anciennes, affiches, gravures, invitations, tableaux, pastels, gravures, état-civil, aveux seigneuriaux, ordonnances du roi, nominations, condamnations, commémorations…

Portraits

Il existe deux portraits connus de Jean-Baptiste-César, comte du Buc de Saint Olympe Un pastel couleur (Collection famille Du Buc). Et un tableau (huile sur toile) où il a été aussi représenté au siège de Yorktown le 17 octobre 1781 aux côtés de Washington, Rochambeau et La Fayette sur un tableau peint par Louis-Charles-Auguste COUDER en 1836 (Collection du château de Versailles). JBC du Buc de Saint Olympe se trouve entre Washington (commandant l’armée américaine de 6 000 soldats, et donnant un ordre en levant son bras) et son allié franco-martiniquais le Maréchal Comte De Rochambeau (derrière lui et de grande taille). On peut voir ces portraits dans « La Saga des Du Buc ».

 

Généalogie des Du Buc-de Saint Olympe

Voir le chapitre XIV du livre « La Saga des Du Buc »  pour sa naissance, son éducation, sa jeunesse, son mariage, sa fille légitime, et sa fille adoptive, ses trois épouses, divers documents sur lui, sa mort… Sa carrière politique est traitée ci-après : Chapitre XIV Généalogie de la Maison Du Buc 2ème partie sur 7 : Les Du Buc de Martinique et des Antilles Françaises La branche aînée normande existante est décrite dans la 4ème partie sur 7.

 

N.B. : Il est bien né avec les prénoms de Jean-Baptiste-César mais le recopiage (copie) de l’acte par le curé de Sainte-Marie de la Martinique (la chaleur 30°C et le délicieux petit punch martiniquais, ça n’aide pas…) a été mal fait et comprend une erreur matérielle d’Etat-Civil.

 La carrière politique et professionnelle de Mr du Buc de Saint Olympe. d’après nos documents de famille ou des ANOM (Archives Nationales de l’Outre Mer) principalement (Dossier E142), et de certains renseignements pris du dossier de GHC (Philippe et Bernadette Rossignol). 

 Passant sa jeunesse sur l’île de sa naissance « la Martinique », Jean-Baptiste-César du Buc de Saint Olympe y fait également un service militaire avant de rendre en France pour compléter son service d’armes à Versailles. Il arrive au Havre le 15 février 1778. Puis, il commence et termine ses études de droit en métropole.

Il repart pour la Martinique et devient ensuite soldat d’infanterie à la bataille de Yorktown qui se déroule du 28 septembre au 17 octobre 1781. Il participe, en effet, à la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique avec ses cousins le major Jean-Baptiste du Buc de Marcussy, le lieutenant Abraham du Buc de Marentille, le sous-lieutenant Louis-François du Buc, le soldat d’infanterie Jean-François junior du Buc de Lommoye-Flexanville, ce dernier Du Buc normand étant mort au combat. On sait que Jean-Baptiste-César était bilingue, qu’il a souvent servi d’interprète pendant cette guerre.

Il est donc présent au Siège de Yorktown : Washington, commandant l’armée américaine de 6 000 soldats, donne un ordre en levant son bras. Derrière lui et de grande taille, son allié le Maréchal Comte De Rochambeau, commandant l’armée française de 11 000 soldats que Louis XVI a mis à sa disposition. Et sortant de la tente sans avoir encore mis son chapeau, le Général Marquis De La Fayette, commandant la 1ère Division dite « Lumière » sous les ordres de son ami Washington. Du Buc de Marentille et Du Buc de Saint Olympe prennent part au siège de Yorktown en lieutenant avec Lafayette pour soutenir Washington et Rochambeau. Le soldat d’infanterie et traducteur Jean Baptiste César du Buc de Saint Olympe se trouve entre Washington (qui commandant l’armée américaine de 6 000 soldats, et qui donne un ordre en levant son bras) et son allié franco-martiniquais le Maréchal Comte De Rochambeau (derrière lui et de grande taille).

A la fin de cette guerre américaine, il quitte de nouveau son île martiniquaise pour s’installer à Paris début 1782. Mais juste avant de partir, il propose, alors qu’il est encore sur l’Habitation de son père au Pain de Sucre à la Martinique, d’après les idées d’élevage de son cousin Mr du Buc de Bellefonds (qui lui veut faire importer à la Martinique des chevaux du Sud de la France), d’extraire 2000 mulets de Caracas et de Cumana pour les colonies françaises, comme cela a déjà été fait en 1764, selon la lettre traduite de Mr le comte de Florideblanche (Floridablanca), Premier Ministre du Roi d’Espagne, écrite à Saint Ildefonse de l’Escurial le 24 septembre 1781, et destinée à Mr le comte de Montmorin, Ambassadeur de France à Madrid. Jean Baptiste César du Buc de Saint Olympe est alors arrivé à Paris le 8 mars 1782 pour mener à bien cette mission d’élevage au sein du Ministère, et reprend alors sa place d’avocat au Parlement de Paris.

Il obtient la place de Procureur du Roi à Basse-Terre à la Guadeloupe le 25 juillet 1782, en remplacement de sa fonction de Juge de la Grenade prise par les Anglais. Puis suite à un scandale d’un faux mariage entre Mr Brunet de Cramilly (nommé à l’office de Juge de la Juridiction et de Lieutenant de l’Amirauté de la Grenade) et une prostituée, Mr du Buc de Saint Olympe prend sa place : il obtient le brevet royal de Juge le 14 novembre 1782, et le brevet de Lieutenant de l’Amirauté du 27 décembre 1782, ces deux fonctions pour la Grenade. Mais, hélas, il ne peut accéder à ces charges, car l’île est devenue anglaise.

Il obtient en décembre 1782 par Louis XVI des Lettres de dispense d’études de Droit à l’Université de Reims pour passer son diplôme d’avocat début 1783 selon les Ordonnances de Louis XVI signées le 4 décembre 1782 (Pages 331bis, 332, 332bis, 333 Cote 1A8837 Archives Nationales). Il obtient son diplôme d’avocat après réussite aux examens à Reims et Paris.

Il se marie juste après pour la première fois le 19 août 1783 (contrat de mariage Minutier central (MC), ET/LXXXVII/1201) à Paris avec la béké haïtienne Louise Marie Marguerite Bonne LE ROY, veuve (de) COLHEUX de LONGPRÉ, et les très nombreux témoins sont des membres et amis de la famille Du Buc. Lui, qui habite rue de Richelieu, et sa riche femme, qui demeure rue Neuve des Bons Enfants, à la paroisse Saint-Eustache, vont alors s’installer ensemble dans un appartement cossu de rue de Poissonnière « en face des menus plaisir du Roi » pour un loyer de 5300 livres par an selon le bail du 31 août 1783 du Minutier central (MC) ET/LXXXVII/1801. Le lundi 25 août 1783, tout ce petit monde se rend chez Monsieur Benjamin Franklin, Secrétaire de la délégation américaine à Passy près de Paris pour annoncer ce mariage : « Madame d’Enneville, Madame la Comtesse de Choiseul, et M. Du Buc, Intendant Général des Colonies, sont venus pour avoir l’honneur de vous faire part du mariage de M. Du Buc de Saint-Olympe, leur cousin germain, avec Madame de Longpré » (Papiers de Benjamin Franklin. Vol 40. Page 249). Ce courrier (ou plutôt cette note) de la famille Du Buc est adressé à Mr Benjamin Franklin, Ministre plénipotentiaire des Etats-Unis d’Amérique, résidant dans le cadre prestigieux de l’Hôtel de Valentinois à Passy, dans une aile qu’il loue et qui hébergea la première délégation des USA en France, (près de Paris), propriété de Jacques Donatien Le Ray de Chaumont qui, lui, occupe l’autre aile du « château ». Une fille est issue de ce mariage : Antoinette-Julienne dite « Antonia » du Buc de Saint Olympe. Cette fille, qui habitera Montpellier et qui épousera le comte Louis Charles Marie Armand Saint Germain de GALAON de BARSAY (orthographe très variable), ne s’occupera jamais de son père, les relations étant devenues mauvaises à cause du divorce de ses parents, et aussi de l’héritage de son oncle dont Jean-Baptiste-César du Buc de Saint Olympe n’aura rien, y compris des biens achetés en commun avec sa femme à Saint-Domingue. En effet, cette première épouse, qui est une riche héritière, ne laissera rien à son mari, mais tous à ses enfants dont sa fille « Antonia » : habitations-sucreries-caféterie situées à Saint-Domingue à savoir Bernardon, Saint-Olympe, Longpré, La Rochejacquelin à Nippes, Petit-Goave, Longpré à Léogane, Leroy.

Il est nommé à Basse-Terre le 19 juillet 1783 par un brevet royal de procureur du Roi et par un brevet royal de procureur du Roi à l’Amirauté de Basse-Terre le 14 septembre 1783, puisqu’il n’avait pu accéder aux charges de la Grenade devenue anglaise en 1782.

Le 31 octobre 1783, il prend la décision de s’occuper de ses affaires privées à Saint Domingue « étant sur le point de faire un voyage à Saint Domingue ». En effet, il embarque sur le navire « le Papillon » qui prend la direction de Saint-Domingue. En tant que « Procureur du Roi de la Juridiction de Basse-Terre à la Guadeloupe » il quitte la France, seul, sans son secrétaire, ni son domestique. Dans une lettre écrite au Cap le 22 novembre 1783 au Ministre de Marine, Guillaume-Léonard de Bellecombe, Gouverneur de Saint-Domingue, et Alexandre-Jacques de Bongars, Intendant de Saint-Domingue, font état du transfert de la Martinique à Saint-Domingue de soixante nègres ou négresses et leurs enfants pour les établir sur l’Habitation de Saint Olympe qu’il a acheté au Cul de Sac près de Port au Prince.

Ses affaires étant terminées à Saint Domingue, il retourne à la Martinique « faire le tour de la famille » et en reviendra en 1784. Son bateau, en provenance de Saint-Pierre de la Martinique, accoste au Havre le 20 janvier 1784. Il demande à partir de cette date la première place de Procureur général vacante à Saint-Domingue ou une place de Consul général dans l’Amérique septentrionale car il maîtrise parfaitement la langue anglaise.

Il part ensuite en avril 1785 pour la Guadeloupe pour ses affaires professionnelles. En effet, le 21 janvier 1785, le brevet de Juge de la Sénéchaussée de La Pointe-à-Pître, place vacante par la mort du Sieur Houé, est attribué à Mr du Buc de Saint Olympe, remplacé comme sénéchal de Basse-Terre par le Sieur Legros. Il remercie le Ministère le 29 janvier 1785.

Puis, il retourne à la Martinique, avant de rembarquer sur un bateau de Saint-Pierre de la Martinique qui accoste au Havre le 16 juin 1785.  Il est accompagné de sa jeune sœur Elisabeth-Madeleine.

Il quitte la France pour la Guadeloupe et se rend régulièrement sur ses habitations et celles de sa riche femme à St-Domingue, mais en laisse la gérance à son frère cadet Mr du Buc de Ramville dit « le chevalier de Ramville ».

De 1785 à 1789, étant muté à Pointe-à-Pître en Guadeloupe au poste de Sénéchal et Lieutenant Général de l’Amirauté de la Guadeloupe, il nomme son cousin Abraham du Buc de Marentille, Conseiller à la Cour au Tribunal de Point-à-Pître, même si celui-ci s’oppose violemment à lui parfois. On a deux lettres d’éloges sur lui adressées au ministre : Mr Vievigne écrit dans sa lettre le 7 novembre 1786 à Basse-Terre que Mr du Buc « soutient la réputation d’esprit et d’intelligence qui caractérisent sa famille… exactitude qu’il met à remplir des devoirs ». Mr Foullon d’Ecotier dit du bien également dans une lettre du 5 janvier 1787.

En 1788, on lui accorde un congé d’un an pour prolonger son séjour à Saint-Domingue, et il en profite pour la régler la succession de son riche parent célibataire l’oncle maternel par alliance Mr Louis-Raymond (de) Bernardon, membre de la Chambre d’Agriculture et propriétaire au Cul de Sac de Port au Prince. Des propriétés, des hectares de plantations, de l’argent attendent les Du Buc de Saint Olympe.

Mr du Buc de St-Olympe démissionne de sa place de Juge de La Pointe-à-Pître le 28 septembre 1789, et part à nouveau pour St-Domingue où il est élu Député modéré de La Croix-des-Bouquets à l’Assemblée de Saint-Domingue séante à Saint-Marc en 1790 pour élaborer la Constitution de St-Domingue. La paroisse de La Croix-des-Bouquets près de Port-au-Prince permet à son député de s’exprimer sur l’usage qu’il a fait des pouvoirs illimités qui lui ont été confiés par ses concitoyens. Mr du Buc de Saint-Olympe, dit politiquement Dubuc-St-Olympe, développe longuement dans cette plaquette peu commune sa vision de l’équilibre institutionnel souhaitable entre le pouvoir de la métropole et celui, local, des colons organisés en assemblées. Il veut absolument maintenir le lien qui unit la France et St-Domingue. Et il expose aussi  sa vision des pouvoirs respectifs de Paris et de St-Domingue : dans l’île le pouvoir législatif intérieur résidera dans l’Assemblée des représentants du peuple français. La paroisse demande à ce que ses délibérations et le discours du 6 juin 1790 de « DUBUC-SAINT-OLYMPE » soient imprimés et distribués à 1000 exemplaires par l’imprimerie De Mosard à Port-au-Prince. Il veut et élabore une Constitution interne pour Haïti. Il demande même une concession pour la construction d’un embarcadère au Grand-Goave. Plus tard, il demandera à quitter ses fonctions pour des raisons de voyage et de santé. Il habite les Habitations de Saint Olympe aux Varreux près de La Croix des Bouquets, et des Ances à Pître sur la côte. Cette dernière est acquise de ses gains et épargnes, tandis que la première est acquise en communauté de biens avec sa première épouse. Il prépare alors son retour pour la France, et quitte le Cap de Saint-Domingue pour débarquer le 2 juin 1791 au Havre. Il reste en France jusqu’en 1797. Il devient Président du Conseil Général des Deux Nèthes à Anvers, département créé en 1795 et supprimé en 1815.

Quant à sa première épouse divorcée, elle s’enfuit avec sa fille lors de la Révolution Haïtienne le 15 messidor an XI (04.07.1803) sur le vaisseau « Le Duguay Trouet » avec un passeport de Rochambeau, et va habiter Paris 190 rue de Mirosmesnil. Le 6 frimaire an XII (le 28 novembre 1803), Maître Pérignon, exerçant à Paris, leur fait obtenir un certificat des colons de Saint Domingue confirmant leur exil forcé et affirmant qu’elles sont dans l’indigence absolue et ont besoin de secours. Elle est déjà divorcée de Mr du Buc de Saint Olympe en 1789 lors du mariage à St Roch à Paris de sa fille mineure Jeanne Marie Blanche Léonie de Colheux de Longpré avec François Jacques Pénin de Lépine, et meurt en 1804 résidente alors à Paris rue Poissonnière à la paroisse Saint Eustache.

Il est en 1803 auprès de sa cousine mourante Marie Elisabeth du Buc, épouse de Jean-Louis REMY DE TURICQUE, châtelaine de Croisy-sur-Eure, et déclare son décès « comme citoyen Dubuc » à Paris le 17 août 1803. Les officiers d’état-civil révolutionnaires écrivent Dubuc sans particule puis Dubuq selon l’acte erroné de Martinique. On avait guillotiné à cette époque des membres de la famille Du Buc dont Henri Daniel Jacob du Buc-de Marcussy, écuyer, sieur de Marcussy. Mr du Buc de Saint Olympe demeure alors au 15, rue Saint Georges à Paris.

En 1804, ruiné par ses affaires qui ont mal tourné à cause de la Révolution Haïtienne menée par le Noir Jean-Jacques Dessalines qui a expulsé les Français et qui proclame l’indépendance, il part habiter en 1805 à la Martinique pour retrouver sa famille. Sa première épouse, qui avait demandé le divorce, mais pas lui, est morte en 1804 de maladie due à un voyage en mer.

Il se marie pour la deuxième fois début 1806 à Paris avec la béké guadeloupéenne Marie-Françoise-Victoire-Bertille de BOVIS, veuve de Jean-Georges (de) Fitz-Patrick-Menant. Il n’y a pas d’enfant en commun. La fille de celle-ci  (la baronne Jean-François Cottu née Marie Madeleine Catherine Anne Olympe FITZ-PATRICK du BUC de SAINT OLYMPE) deviendra la fille adoptive de Mr du Buc de Saint Olympe, et sera la seule héritière, contrairement à sa vraie fille Antoinette-Julienne (« Antonia ») du BUC de SAINT OLYMPE qui n’aura rien à cause de relations rompues depuis longtemps, dues aux querelles d’héritage dont il n’a rien touché, comme nous l’avons dit.

Puis, il se rend à Basse-Terre à la Guadeloupe au printemps 1806 chez son beau-frère Mr de Bovis, avoué, avec lequel il a de bonnes relations. Les mauvaises langues disent qu’il pratique la contrebande pour refaire fortune… Sa première épouse et sa fille perdront toutes leur fortune foncière de Saint Domingue notamment les Habitations-Sucreries-Caféteries Le Roy et Bernardon. Et lui aussi, ses propriétés foncières constituées de deus Habitations avec des centaines d’hectares sont saisies par le nouvel Etat Haïtien.

Malheureusement, son séjour guadeloupéen se passe mal. Au moment où il était prêt à repartir pour la Martinique voir son frère et sa sœur, il est arrêté le 19 juin 1806 par le Commandant de la Place et mis au Fort Richepanse. On examine ses papiers. Une procédure est engagée à son encontre le 25 juin. Certains l’accusent d’être l’auteur d’un pamphlet en forme de comédie intitulé « Géronte ». Mais il est reconnu non coupable et libéré. Les trois magistrats de la Guadeloupe, à savoir Ernouf, Kerverseau et Bertolio, écrivent au Ministre et font un rapport dans lequel ils expliquent que la perquisition chez Mr de Bovis n’a rien donné.

Après sa libération, il quitte donc la Guadeloupe et se rend au Lamentin de la Martinique où il ouvre un cabinet de notaire du 18 février 1807 à octobre 1809. Et il se refait un peu d’argent. Certains membres de la famille Du Buc, comme son frère Mr du Buc de Ramville, font appel à ses services.

En 1809, la Martinique est conquise par les Anglais et l’année suivante, c’est au tour de la Guadeloupe de février 1810 à juillet 1816. Passé au service des Anglais, comme son cousin de la branche aîné Louis-François du Buc, il est donc nommé en 1809 comme Secrétaire du Gouvernement puis Intendant (Administrateur) de l’Administration Civile de l’île de la Martinique, puis en 1810, comme Intendant de l’Administration Civile de l’île de la Guadeloupe par le Général Beckwith, et y reste jusqu’en 1815. Son administration est très bien perçue avec les éloges du gouvernement anglais et du Roi d’Angleterre. Il est même « Responsable de La Guadeloupe auprès du roi Georges III » pendant l’occupation anglaise. Il est bien vu par les riches habitants de la Guadeloupe dont il a su préserver les biens et intérêts pendant cette occupation anglaise. Mais Du Buc de Saint-Olympe ne s’entend pas du tout avec le Gouverneur de la Guadeloupe le Vice-Amiral Cochrane qui lui-même déteste les Français et surtout les émigrés. Sur Du Buc, le gauchiste Abénon écrit ceci : « son rôle était, d’ailleurs équivoque, puisqu’il était en fait aux ordres d’un gouverneur anglais ». « Dubuc de Saint Olympe se fit nommer conseiller à la cour d’Appel. L’historien Auguste Lacour, auquel nous empruntons beaucoup à propos de cette époque, affirme qu’on l’accusait de toutes les mesures négatives qu’adoptait le gouvernement. Collaborateur avant la lettre, on le haïssait, d’autant plus qu’il avait fait nommer son proche parent, Dubuc de Marentille, au tribunal de Pointe-à-Pître et qu’il semblait exercer sur la justice de l’île un contrôle démesuré. On écrit même de manière exagérée qu’à la libération temporaire de la Guadeloupe le 5 décembre 1814 (la Guadeloupe retourne officiellement à la France en juillet 1816), « Dubuc de Saint Olympe, agressé par un mécontent, ne devait son salut qu’à la fuite ».

On sait que Mr du Buc de Saint Olympe, homme lettré mais aussi juriste, était craint par de nombreux adversaires politiques, car ses excellentes relations avec les planteurs des Antilles lui apportaient un soutient non dénué d’importance. De plus, même s’il avait été nommé par les Anglais, Mr du Buc détestait la mentalité anglaise et les ordres de ses rivaux comme, par exemple, le préfet colonial François-Marie PERICHOU de KERVERSAU (1757-1825) qui « n’hésita pas à réprimer ceux qui troublait l’ordre public. Des écrits séditieux courant contre lui, il en accusa un colon originaire de la Martinique, que nous retrouverons plus tard : Dubuc de Saint Olympe. Il pourchassait vigoureusement les insurgés qui ne s’étaient pas encore rendus et continuaient à courir la campagne… ». Kerversau avait eu de vieilles rancœurs vis-à-vis de Du Buc de Saint Olympe depuis Saint-Domingue où ils avaient vécu tous les deux. Non seulement Kerversau fut un adversaire militaire à Du Buc du Ferret (cousin de Du Buc de Saint Olympe) au Môle-Saint-Nicolas en décembre 1803, mais aussi adversaire politique à Du Buc de Saint Olympe lui-même car ce dernier était alors député à la paroisse de La Croix-des-Bouquets sis à Saint-Domingue ! Ah ! Les querelles politiques...

En avril 1814, au mariage de sa fille, on le cite comme « Conseiller en la Cour d’appel de Guadeloupe et administrateur général de l’île ».

Le 20 juillet 1814, le roi Louis XVIII étant de retour, Mr du Buc demande à être confirmé dans sa fonction d’administrateur sous les ordres de Sa Majesté britannique, et à présent sous les ordres du Roi de France. Il écrit : « services que j’ai rendus à la France en administrant durant six années sous le gouvernement britannique deux colonies qu’il avait arrachées des mains de l’usurpateur dans la plus déplorable situation. Ces colonies ont été rendues à votre Majesté dans un état de prospérité que le ministre anglais veut bien attribuer au zèle que j’ai apporté à son administration ». De nombreux éloges sont faits par les planteurs guadeloupéens comme Budan de Boislaurent, Vaultier Moyencourt, Hurault Gondrecourt, De Belleville…

En mars 1815, il arrive en France pour proposer ses services au roi Louis XVIII, mais Napoléon a débarqué, ce qui empêche ses ambitions. En effet, il déteste Napoléon, tout comme son cousin Mr du Buc de Marentille auteur d’un pamphlet « L’identité de Napoléon et de l’Antéchrist complètement démontrée » publié en novembre 1810.

Pourtant, il se brouille avec lui la même année. Mr du Buc de Marentille déclare (propos calomnieux et diffamatoires) sur Mr du Buc de Saint Olympe le 1er février 1815 : « M. du Buc de St Olympe avec qui je n’ai rien de commun que le nom de Du Buc et une parenté qui me fait rougir, qui vient de partir sur la Méduse et allait en France, 200.000 livres d’or à la main disait-il, demander l’intendance de la Guadeloupe… est un homme dont la vie publique et privée offre un tissu de bassesses, d’escroqueries, de faits de tous genres qui étonne… ». Le 4 mars 1815, arrivé de la Guadeloupe par le bateau « la Méduse », il remet donc une note de ses services sous le gouvernement anglais et un témoignage sur ses mérites et qualités par Lord Bathurst.

A cause de l’accusation d’escroqueries, de crimes et délits par son cousin Abraham du Buc de Marentille, le sieur du Buc de Saint Olympe sera recherché par la police d’après cette lettre écrite le 20 avril 1815 par le Ministre de la Police générale de l’Empereur Napoléon Ier durant les Cent jours. Mr du Buc de Saint Olympe se cache. Le retour de Louis XVIII sauvera Mr du Buc de Saint Olympe d’une mort certaine, puisqu’il avait été un anti bonapartiste depuis toujours. Louis-François du Buc, Intendant de la Martinique, était aussi intervenu pour sauver l’honneur de Mr du Buc de Saint Olympe. E142. ANOM.

Il existe une note du 4 juillet 1815 de Lord Bathurst qui fait l’éloge de Mr du Buc de Saint Olympe pour ses bons services d’Intendant et Administrateur de la Martinique et de la Guadeloupe. (Traduction littérale d’une note dont l’originale est aux Affaires Etrangères, et a été envoyé par copie à Monsieur le marquis de Jaucourt par Monsieur le Prince de Talleyrand) :

« Lord Bathurst présente ses compliments (respects) à Monsieur le comte de La Châtre et prie Son Excellence d’avoir la bonté de profiter de la plus prochaine occasion pour faire connaître au gouvernement de Sa Majesté très chrétienne l’opinion qu’a le gouvernement anglais des services utiles et zélés rendus par Monsieur Du Buc St Olympe aux colonies de la Martinique et de la Guadeloupe durant le temps qu’elles ont été en possession de Sa Majesté par le moyen desquels services les dépenses de ces colonies ont été considérablement réduites durant le temps qu’elles ont été en possession de Sa Majesté par le moyen desquels services les dépenses de ces deux colonies ont été considérablement réduites durant cette période, leur administration générale fort améliorée et la voie ouverte pour rendre cet établissement beaucoup plus utiles à leur mère patrie qu’ils ne l’ont été aux époques précédentes.

Monsieur de Saint Olympe durant cette dernière guerre a continué dans toutes les occasions à manifester le plus loyal attachement à la personne et à la famille de Sa Majesté très chrétienne et il s’est empressé à prouver son dévouement à Sa Majesté par l’offre de ses services.

Lord Bathurst demande la permission d’assurer Monsieur le comte de La Châtre que le gouvernement du Prince régent recevra avec plaisir l’assurance que Sa Majesté très chrétienne a cru à propos d’employer Monsieur de Saint Olympe dans une des situations pour lesquelles ses talents et ses mérites distingués le qualifient.

Lord Bathurst saisit cette occasion de renouveller à Son Excellence l’Assurance de sa haute considération.

Affaires Etrangères

le 4 juillet 1815. »

 

Copie de la lettre qui accompagne la note ci-dessus : traduction de la lettre écrite le 2 août 1815 par le chevalier Stewart et adressée au Prince de Talleyrand, et accompagnée en pièce-jointe d’une traduction de la note de Lord Bathurst.

 

Il existe aussi une lettre du 7 août 1815 écrite par le Ministre de la Marine et des Colonies (le marquis François de Jaucourt) et adressée à Son Altesse le Prince Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, Président du Conseil des Ministre : il est favorable à la reprise de Mr du Buc de Saint Olympe à une fonction au sein du Ministère de la Marine et des Colonies. En voici la teneur  

« Personnel Civil. Minute d’une lettre écrite par le Ministre de la Marine à son Altesse le Prince de Talleyrand et expédiée du Cabinet du Ministre. 

7 août 1815 

Mon Prince, 

J’ai l’honneur de renvoyer à Son Altesse la lettre de Sir Charles Stewart (Stuart) et la note de Lord Bathurst qu’elle avait bien voulu me communiquer. J’en ai fait preuves des copies. Le cas que Lord Bathurst parait faire de M. Dubuc St Olympe ajoute à l’opinion favorable que j’ai connue de ce fonctionnaire. Les talents qu’il a montrés et la recommandation du Lord Bathurst seront pris en grande considération lorsqu’on s’occupera des intérêts des colonies et des agents et employés qu’il sera me faire d’y envoyer. 

Agréer… 

Le Ministre de la Marine           7 août 1815                Au Prince de Talleyrand »

 

Il séjourne alors au château de Croisy-sur-Eure chez sa cousine préférée Mme la comtesse Marie-Jeanne de Gain de Montaignac, héritière du château de Croisy en 1812 et sous-gouvernante des enfants de France sous Louis XVIII : Monseigneur le Duc de Bordeaux et sa sœur Mademoiselle. La mère de la comtesse de Gain est la sœur de Louis-François du Buc, nommé Intendant de Martinique depuis le 13 juin 1814 par Louis XVIII. Il repart donc fin 1815 à la Martinique, mais n’obtient pas ses fonctions demandées. Il aurait été mal vu de voir en même temps un deuxième Du Buc Intendant de la Guadeloupe, dit-on sous le manteau, puisqu’il y avait déjà un premier Du Buc Intendant de la Martinique. 

Dès lors, Mr du Buc de saint Olympe s’occupe d’affaires commerciales maritimes, ayant gardé de bonnes relations avec les négociants et armateurs aussi bien antillais que métropolitains.

Il adopte la fille (future baronne Cottu) de sa 2ème femme qu’elle avait eue avec Mr Georges (de) FITZ-PATRICK.

Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur par Charles X (le rédacteur dans "la Saga des Du Buc" a commis une erreur en citant Louis XVIII à la place de Charles X, nous nous en excusons, le commité de lecture ayant oublié la rectification : le document authentique est visible dans le livre) le 22 mai 1825 dans une lettre signée par le comte Christophe de Chabrol de Crouzol, Ministre de la Marine et des Colonies (collection famille Du Buc). Il est invité par Charles X le 9 avril 1828 pour les jeux qui ont lieu dans les Appartements du Roi au château des Tuileries à Paris : le document est visible dans le livre.

Il a l’habitude de signer : « JC Du Buc de St Olympe », « JC Du Buc-St Olympe », « Saint-Olympe », puis « le Cte Du Buc de St Olympe » quand il hérite du titre de comte de son cousin Louis-François en 1827.

Il a hérité d’une Habitation située aux Anses à Pître (Côte de Saint-Domingue) par son père, et a acheté l’Habitation sucrière de Saint-Olympe située aux Varreux de La Croix des Bouquets, d’où son nom de propriété et d’usage politique reconnu officiellement par le Roi et La République. (La carrière de Mr du Buc de Saint Olympe est bien décrite dans le livre  « Petite Histoire de la Guadeloupe » écrit par Lucien-René Abénon, publié en 1993, aux éditions L’Harmattan, aux pages 101 à 106).

Veuf vers 1830, il se marie pour la troisième fois le 22 juin 1831 à Paris avec la béké guadeloupéenne Marie-Jeanne HOUDAN, veuve en 1805 de Michel Charles LEMASSON (cousin), et veuve de Nicolas régis LEBLANC, dont il n’aura pas d’enfant puisqu’ils sont âgés tous les deux.

En 1830, il demande une solde de retraite sur ses services rendus pour la gestion de la Guadeloupe et de la Martinique. Cette demande sera déclinée, malgré tous les avis favorables, car on estime qu’il a exercé sa charge sous le gouvernement anglais et non français.

Dans une lettre du 5 juin 1830 adressée à Mr du Buc de Saint Olympe, le baron Ange René Armand de Mackau, Contre Amiral Directeur du Personnel au Ministère de la Marine et des Colonies, fait savoir que la solde pour la retraite de Mr du Buc de Saint Olympe n’est pas permise selon les textes en vigueur, puisqu’il a servi pour le compte de l’Angleterre. Mr de Mackau, qui est bonapartiste comme tout le monde le sait, même s’il a été maintenu dans ses grades par Louis XVIII pour son expérience, ne se souciait guère des éloges qui avaient été faites sur Mr du Buc de Saint Olympe. A cette période, il avait l’intention de démissionner de son poste de Directeur du Personnel du Ministère de la Marine et des Colonies, puisqu’il était en pleine campagne électorale pour la députation du Morbihan d’où il est élu le 23 juin 1830. 

« Ministère de la Marine et des Colonies. Personnel. 

Note pour Monsieur le Directeur des Colonies. 

M. Dubuc de St Olympe, ancien Intendant à la Martinique et à la Guadeloupe, pendant que ces deux colonies étaient au pouvoir des Anglais, n’ayant jamais appartenu au Service de France [pour cette période uniquement], je ne vois dans les règlements en vigueur, aucune disposition qui puisse autoriser, en sa faveur, la proposition d’une solde de retraite. 

En supposant d’ailleurs, qu’il se trouvât susceptible d’obtenir la pension qu’il sollicite, ce serait, suivant l’ordre du service, à la Direction des Colonies à prendre préalablement les ordres du Ministre sur son admission à la retraite, puisque c’est sur des services coloniaux, dans la Direction des Colonies, en seule appelée à connaître, que M. Dubuc de Saint Olympe fonde sa réclamation. 

J’ai donc l’honneur de renvoyer, ci-joint, à Monsieur de Saint Hilaire toutes les pièces qu’il a bien voulu me communiquer, relativement à cette affaire, par la note du 13 avril dernier. 

Paris, le 5 juin 1830 

Le Contre Amiral Directeur du Personnel 

Baron de Mackau  ».

 

      Mr du Buc de Saint Olympe et sa troisième épouse Marie-Jeanne Houdan sont régulièrement invités, à la belle saison, chez leur ami le marquis de Vitry au château de Limanton près Moulins-Engilbert (Nièvre, 58, Bourgogne). C’est là que Mr du Buc, pris d’un coup de froid, meurt le 30 septembre 1834. Sa fille adoptive (la baronne Jean-François Cottu née Marie Madeleine Catherine Anne Olympe (de) FITZ-PATRICK du BUC SAINT OLYMPE, fille de sa deuxième épouse Marie Françoise BERTILLE de BOVIS et de Georges (de) Fitz-Patrick) est désignée héritière selon son testament olographe du 1er avril 1834, et non sa fille issue de son premier mariage avec Louise Marie Marguerite Bonne LE ROY, veuve de Jean Baptiste René de COLHEUX de LONGPRÉ.

En France, il aura habité Paris :  rue de Richelieu pendant ses études, puis rue Poissonnière au début de son premier mariage, puis au 15 rue Saint-Georges, ensuite au 90 rue Joubert, puis au 41 rue neuve des Mathurins, au 30 rue Taitbout et enfin à Limanton chez son fidèle ami le marquis de Vitry au château de Limanton près Moulins-Engilbert à la belle saison (Nièvre, 58, Bourgogne).

                                                                                       Fin

                                                                                  Y.B. du Buc de Mannetot

 

 

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