Le colonel Pierre du Buc, IIIème du nom, sieur de La Caravelle et du Marigot

Biographie selon les archives de la famille Du Buc ou les archives publiques

 Le colonel honoraire Pierre du Buc,

sieur de La Caravelle et du Marigot, dit « le Brave » 

LE SOLDAT AU SERVICE DU ROI DEPUIS 1654 ET SES EXPLOITS MILITAIRES, LE DUELLISTE QUI PERD SA NOBLESSE EN 1657 ET QUI S’ENFUIT DE DIEPPE POUR L’ILE DE SAINT-CHRISTOPHE, SON INSTALLATION EN 1661 À LA MARTINIQUE OÙ IL FONDE LA CAPESTERRE ET LA TRINITÉ, L’ACQUISITION DES CONCESSIONS DE LA CARAVELLE ET DU MARIGOT EN 1661, SON TRAVAIL AGRICOLE POUR LA PLANTATION, LA PRODUCTION, ET LE COMMERCE DU CACAO EN TANT QUE PREMIER CULTIVATEUR DE CACAOYERS ET EXPORTATEUR DE CACAO DANS LE MONDE, ET DU FAIT QU’IL A « DETACHÉ » SES NEGRES POUR LEUR MONTRER LA CULTURE DE CETTE NOUVELLE PLANTE, LE PRODUCTEUR DE CANNE A SUCRE  SUR LA PRESQU’ÎLE DE LA CARAVELLE, SA NOBLESSE RETROUVÉE POUR SERVICE RENDU À L’ÉTAT ACCORDÉE PAR LOUIS XIV. SELON LES ECRITS DE 1750, LE DUC DE CHOISEUL (MINISTRE DE LOUIS XV), « PIERRE DU BUC NE S’EST PAS SEULEMENT DISTINGUÉ DANS LES SERVICES MILITAIRES : IL A ETABLY LA PREMIERE SUCRERIE AU VENT DE L’ISLE, FAIT L’OUVERTURE DES PRINCIPAUX CHEMINS QUI CONDUISENT AU FORT ROYAL ET AU FORT ST PIERRE, ET PROCURÉ UNE NOUVELLE SOURCE DE RICHESSE A LA COLONIE EN LUY APPRENANT LA CULTURE DU CACAO DONT ELLE N’AVAIT AUCUNE CONNAISSANCE… »

 

Cet article est issu, en partie, de l’ouvrage « La Saga des Du Buc » écrit en 2013 par Y.B. du Buc de Mannetot avec la collaboration de son cousin F. Renard-Marlet, dans lequel sont reproduits les portraits des membres de la famille Du Buc des Antilles et de Normandie, avec plans, cartes, textes anciens, preuves de noblesse, attestations notariées, lettres, photographies, lithographies, cartes postales anciennes, affiches, gravures, invitations, tableaux, pastels, gravures, état-civil, aveux seigneuriaux, ordonnances du roi, nominations, condamnations, commémorations…

Portraits 

Il existe plusieurs portraits de Pierre III du Buc, sieur de La Caravelle et du Marigot, issu de la collection de la famille actuelle Du Buc en Normandie : un portrait à la craie noire et blanche, un tableau (peinture à l’huile sur toile), et un portrait (pastel couleur) où il tient une cabosse (fruit) de cacaoyer (cacaotier). On peut voir ces portraits dans « La Saga des Du Buc ».M. Lucien Procope, passionné de l’histoire des monuments religieux des environs de L’Aigle, et  André Boisset, maire de Saint-Symphorien-des-Bruyères, ont tenu le samedi 28 mars 2009 en l’église du village, le portrait du normand Pierre du Buc, le célèbre duelliste qui deviendra soldat, colon, planteur et premier cultivateur du cacao à la Martinique, lors d’une réunion de travail historique à l’église et à la mairie de la commune. On peut voir la photographie dans « La Saga des Du Buc ».

 

Sa naissance en 1640

Pierre du Buc, IIIème du nom, écuyer, gentilhomme normand installé à la Martinique, est bien né le 13 juin 1640 au château de Guéville, dit Guesville aujourd’hui, près du village de  Trouville-La-Haule, entre la ville du Neubourg et la ville de Pont-Audemer, dans le département de l’Eure, en Haute-Normandie. L’acte de naissance se trouve aux Archives Départementales de l’Eure. L’acte entier (recopiage du curé) est sans signature : Acte de baptème non original du colon-engagé martiniquais Pierre III du Buc. Etat-Civil de Trouville-La-Haule Ancien fief de Guéville, Arch. Dép.  de l’Eure, 1640 Page 2 Partie Baptèmes 1639-1640  « du treize (13) jour juin (1640) depar moy a été baptisé Pierre du buc fils  Je (jeanne) Huilliers-Regnard se nomment père François ». Il est le fils cadet d’une famille installée près d’Evreux depuis l’époque de Richard Cœur de Lion et de Philippe II Auguste : les seigneurs « du Buc » alias du Buc-Richard. Le Duc de Normandie leur avait donné un fief nommé le Buc à Criquebeuf La Campagne au XIIème siècle entre Louviers et le Neubourg. Pierre du Buc est l’un des premiers colons français de la Martinique et le fondateur de la longue lignée des Du Buc des Antilles. A cette époque, la famille Du Buc possède toujours des biens dans les environs du Neubourg, même si son père Jean VI François habite au château de Guéville dit aussi Guesville, Guaiville, voir Guainville (à Trouville-La-Haule) et au manoir de Bretagnolles. Son grand-père, puis son cousin, habitaient, eux, au château du Fontenil à Saint-Sulpice-sur-Risle près de L’Aigle, et étaient patrons de l’église de Saint Symphorien des Bruyères. Très souvent il a été dit que Pierre du Buc était né à Iville, près du Neubourg. Mais, c’est une erreur.  Il n’y est pas né, mais y est arrivé et y a vécu tout jeune après que le château de Guéville, qui appartenait à son père, soit brûlé à cause d’un feu de cheminée. Pierre du Buc « de La Caravelle à la Martinique » appartient donc bien à la famille normande du Buc dite du Buc-Richard. D’ailleurs, l’abbé Auguste Duplaix (1846-1918), historien, curé de Clémont-sur-Sauldre (Cher), et ami de l’ancien propriétaire du dit-château de Lauroy à Clémont (Mr le commandant Dufour qui descend des du Buc de Lauroy) écrivait sur lui en 1905, à la page 256 de son livre « Mémorial de la commune et paroisse de Clémont-sur-Sauldre, où il donne sa naissance à Trouville-La-Haule. On peut voir ce document dans « La Saga des Du Buc ».

Le Contrat de mariage de Pierre du Buc

On possède le Contrat de mariage de Pierre du Buc  selon la documentation généalogique royale sur Joseph du Buc de Marcussy qui fit en 1777 ses Preuves de Noblesse pour être admis à l’Ecole Royale Militaire : Procès-Verbal des Preuves de Noblesse pour Joseph du Buc-de Marcussy (alias du Buq-de Marcussy), fils de Jacob, et époux d’Adélaïde de La Croix, habitant en Périgord, situé au Cabinet des Titres de la BNF (Site Richelieu à Paris), dressé et signé à Paris le 21 septembre 1777 par Antoine Marie d’Hozier-de Sérigny, chevalier, Juge d’Armes de la Noblesse de France et en cette qualité Commissaire du Roi pour certifier à Sa Majesté la Noblesse des élèves des écoles royales et militaires, Chevalier-Grand Croix Honoraire de l’Ordre Royal de Saint Maurice et de Saint Lazare de Sardaigne. Bibliothèque Nationale de France Site Richelieu à Paris 2ème arrondissement d’après le Catalogue 81 anciennement 440, daté du 21 février 1891, des Preuves de Noblesse faites pour les Ecoles Militaires, volume I de A à D composé de 173 feuillets, Cabinet des Titres 235-274, Manuscrits Français 32060-32099 « du Buc de Marcussy, Isle Martinique, Normandie 177 T-28 preuve 53 ». Cote fr. 32087 MF 21115 Dossier 53. On peut voir ce document dans « La Saga des Du Buc ».

Le plus ancien registre paroissial de la commune d’Iville commence en 1726, les registres précédents n’y sont plus, et ne dataient pas d’avant 1668. Les actes originaux mentionnent bien « du Buc ». Mr Daniel PAMART accompagnait Mr Y. B. du Buc de Mannetot le 15 juillet 2009 et tenait le plus vieux registre paroissial. On peut voir la photographie dans « La Saga des Du Buc ».

La carte de Cassini  (XVIIIème siècle) mentionne « Guaiville » avec son château. Le château de Guéville est dit aussi Guaiville, Guiville, Guesville, à côté du village de Trouville-La-Haule. A la sortie du village de Crosville-La-Vieille commençait le fief appelé « Vavassorie du Buc » appartenant à la famille du Buc. Tout au bout du chemin, on arrive à Iville à l’église. Vers les années 1920, les agriculteurs avaient par moment du mal à labourer ces terres car il y avait des vestiges de cette vavassorie du Buc : pierres, briques et morceaux de bois du manoir, ferme, grange, habitations, étables…L’habitation de Guillaume du Buc, frère du Martiniquais Pierre du Buc, n’existe donc plus. C’est un conseiller municipal de Crosville-La-Vieille qui eut l’amabilité de faire voir l’emplacement. Ceci a été confirmé par le maire en 2012.

Il existe aussi des panneaux d’indication routière « du Buc ». Le hameau de La Londe (appelé parfois le Buc) se trouve sur la commune de Vitot où existe la rue du Buc qui va en direction de l’ancien fief « la vavassorie du Buc » appartenant aux Du Buc-Richard situé dans un triangle territorial Iville-Vitot-Crosville-La-Vieille.

Ses parents 

Il était le fils cadet de Jean VI François du Buc-Richard, chevalier, dit par usage François du Buc tout court, seigneur du Fontenil à Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne,61) ; seigneur de Graveron, seigneur de Semerville, de Tournedos à Tournedos-Bois-Hubert seigneur de Saint-Germain-de-Fresney (canton de Saint-André), de Bretagnolles (canton de Saint-André) (Eure,27) ; de Flexanville (Yvelines, 78) ; sergent royal de la Marine, lieutenant particulier au baillage de Dieppe, voyageur français, voisin et compagnon normand de Pierre Belain d’Esnambuc, Gouverneur de La Grenade, mort le 30 novembre 1666 et enterré dans l’église de Bretagnolles. Sa mère est Jeanne L’Huillier, dont la famille est installée à Iville.

Le château de son père qui brûle, l’arrivée à Iville près du Neubourg 

Hélas, le petit château familial de Guéville brûle en partie à cause d’un feu de cheminée. Ce feu provoque la destruction des 2/3 de la demeure de la famille du Buc. Mr André Mercier, agriculteur et gérant actuel du domaine (qui appartient au comte de Mathan) avec son fils, fait savoir que la façade principale d’honneur du château était à l’origine à l’Ouest avant le feu, et que maintenant elle est au Sud après sa reconstruction. Lors de la terrible sécheresse de 1976, on pouvait apercevoir les anciennes fondations de l’aile Nord de l’ancien château. La partie gauche subsistante de cette catastrophe (l’aile gauche ou Est) constitue la « tour-pavillon du Buc ». Cette tour-pavillon offre un rez-de-chaussée une maçonnerie de silex taillés, percée de petites fenêtres et de grandes fenêtres très Louis XIII. L’étage est constitué « d’un bel appareil de briques, rehaussé de pierre appareillée en harpes, formant des chaînes sur les côtés et une jambe au centre ».

Pierre quitte donc Guéville avec ses parents (qui ont vendu Guéville aux colons martiniquais Du Quesne) et ses frères et sœurs pour se rendre à Iville, un village près du Neubourg, où ses cousins sont propriétaires d’un fief nommé « Le Buc » comprenant ferme seigneuriale et manoir. Les du Buc d’Iville, qui appartiennent à la branche de Criquebeuf-La-Campagne, de Cracouville (au Vieil-Evreux), de la Harangere, d’Iville, de La Londe, sont inhumés dans la chapelle seigneuriale privée de Cracouville (construite par les Du Buc d’Iville-Cracouville-La Harangère et appartenant à l’Evêché d’Evreux) à côté du château de Cracouville. Le fief Le Buc est lié au fief Le Bois, situé à Crosville-La-Vieille (Eure, 27), car ces deux terres sont contigües. De plus, ce petit fief « Le Buc » est géographiquement au centre d’un triangle formé par les communes d’Iville, de Vitot, et de Crosville-La-Vieille. Selon Charles Marie de Robillard de Beaurepaire (1828-1908), historien-archiviste de l’Eure et de la Seine-Maritime (dite alors Seine-Inférieure), à la page 294 de son livre sur l’Eure, le Buc assis à Iville appartenait déjà en 1259 à Messire Richard du Buc, écuyer domicilié à Saint-Aubin d’Ecrosville. Ce Richard II du Buc est qualifié d’écuyer, seigneur du Buc à Iville-Crosville-La-Vieille, de La Salle-Coquerel à Crosville-La-Vieille, près du Neubourg (Eure, 27), et a hérité de son cousin aîné Geoffroy du Buc, feudataire du Buc à Criquebeuf-La-Campagne à quelques kilomètres. Ces faits sont également rapportés en 1879 dans le Dictionnaire des Communes du Département de l’Eure par Mr Louis Etienne Charpillon, Juge de Paix, avec la collaboration de Mr l’abbé Caresme (1815-1876), curé de Pinterville près de Louviers, aux Archives Départementales de l’Eure à Evreux ! On lit dans un aveu du 10 novembre 1403 du baron du Neubourg, Ives de Vieux-Pont, « Item un demi-fief, nommé le fief de Vitot, noblement et franchement tenu à court et usaige, que tient à présent Jehan de Bretanges, écuyer, duquel demi-fief Crespin du Buc et sa femme Gilette de Guerros veulent être moyens entre le tenant et moi…et en sont en procès à la cour ». Il parle de Crespin Ier du Buc, qualifié de chevalier, seigneur du Buc assis à Iville-Vitot, seigneur du Buc-Richard à Criquebeuf-La-Campagne dit « Pêcheveron (Pescheveron) » car il appartenait jadis à cette famille, seigneur de Cracouville assis au Vieil-Evreux, seigneur du Framboisier à Criquebeuf-La-Campagne (Eure, 27), cité en 1399, 1400, 1403, 1411, 1413, bien marié à Gilette de Guerros ! Plus tard, selon l’historien Auguste Le Prévost (1787-1859), dans ses mémoires et notes, un aveu du 28 juillet 1410 rapporte que le manoir de la vavassorie du Buc à Iville, vicomté de Beaumont, avait été démoli par le temps de la guerre. Ce domaine, qui constituait donc un arrière-fief était resté une grande ferme avec logis seigneurial, le manoir de la famille du Buc étant détruit ! En 1594, les Du Buc ne sont plus propriétaires de ce fief qui appartient alors à Geneviève de Bois l’Evêque, veuve de Jean de La Rosière, épouse de Guillaume de Mérillac, seigneur de Ferrières, contrôleur des Finances. Néanmoins, les Du Buc demeurent toujours sur la terre de La Londe assis à Vitot près d’Iville, et aussi sur la commune de La Harangère où ils ont encore un logis seigneurial. A cette époque où est né Pierre du Buc, il faut savoir que ce fief à Vitot appartenait encore à Madeleine du Buc, dame de La Londe qui épousa en 1650 Antoine Le Monnier, écuyer, seigneur de La Hayette. Le fief de La Londe, appartenant au Du Buc, passa donc dans les mains de la famille Le Monnier, mais qui laissera ce fief en vavassorie aux Du Buc. On sait qu’un des frères de Pierre, Guillaume, Huissier aux Tailles en la ville de Conches, aura ce fief par succession, tandis que le frère aîné, Jean, Garde du corps du Roi, obtiendra Bretagnolles et Saint-Germain de Fresney.

Confirmation par Charles d’Hozier dans l’arbre généalogique Du Buc. Nouveau D’Hozier.  Dossier n°74. Cabinet des Titres. BNF Paris.

Charles-René d’Hozier (1640-1732) écrit, vers 1696, sur cette page précédente numérotée 4 (les premières ayant été arrachées), un rapide arbre généalogique sur les Du Buc de Normandie, en s’attachant plus sur un certain garçon aîné prénommé Guillaume et habitant Iville (Eure) et travaillant à Conches (Eure). On peut lire « du Bucq, dressé sur une lettre de famille », mais on parle également des Du Buc des Antilles à travers son fondateur Pierre qui tua son cousin le chevalier Antoine de Biencourt. On découvre la mention intéressante « Pierre du Buc tua le chevalier de Biancourt ». Il s’agit de Pierre III, dont D’Hozier n’a pas d’élément. On lit aussi qu’un de ses frères s’appelle « Jean » réecrit « Jean du Buc, Garde du Corps du Roi, sans enfant ». Il s’agit de Jean VII, dont D’Hozier n’a pas d’élément. De plus, un autre élément primordial est également inscrit, ce qui apporte encore la preuve que Pierre appartient bien aux du Buc alias du Buc-Richard : « Messire Guillaume du Buc de la paroisse d’Iville sur le Neubourg, Huissier aux Tailles (principaux impôts directs de l’époque) en l’Election de Conches dont deux fils et trois filles ». On peut voir ce document dans « La Saga des Du Buc ».

Le service militaire 

Son père étant militaire sur terre et mer de longue date, Pierre rentre jeune, dès l’âge de quatorze ans, dans le métier des armes en 1654 : Pierre confirme lui-même qu’il est rentré au service du roi depuis cinquante deux ans dans une lettre datée du 25 novembre 1706 adressée au Ministre de la Marine (Archines Nationales F°5 C8A16). Ses parents l’enrôlèrent comme cadet au Régiment du Grand-Maître de Malte. Il part au combat de la Guerre d’Espagne. Quatre ans plus tard, en avril 1657 et après quelques campagnes militaires, Pierre du Buc rentre chez ses parents à la vavassorie du Buc d’Iville. Après un repos bien mérité de quelques jours, le jeune soldat décide alors de retrouver sa petite amie d’enfance, Mademoiselle de Nollent, fille de Messire François de Nollent, baron de Saint Julien et de Marie du Fay, petite fille de Jean de Nollent et de Marie du Buc. En effet, il avait juré d’épouser cette jeune et belle Normande à la fin de son apprentissage des armes. Un matin, très tôt, il se rend donc à Criquebeuf La Campagne où habite la jeune fille, pour demander sa main au baron. En arrivant à Criquebeuf La Campagne, il s’arrête à l’église Notre-Dame pour prier sur la tombe de son ancêtre le chevalier Geoffroy du Buc qui est inhumé dans le chœur l’église. A la fin de sa prière, il entend du bruit dans la sacristie. C’est le père Pierre Beauvoisin, curé de la paroisse, celui qui a baptisé sa cousine. Il annonce au prêtre, qu’il est revenu de ses campagnes militaires pour épouser Elisabeth de Nollent. Mais le curé, très embarrassé, lui annonce qu’Elisabeth vient d’être fiancée à un autre seigneur normand : son cousin le chevalier Jean de Biencourt. Les bancs ont été publiés dans l’église de Criquebeuf et dans l’église de Chauvincourt.

La querelle avec son cousin à Chauvincourt

Furieux d’apprendre cette nouvelle, Pierre quitte l’église en courant, saute sur son cheval, et prend la direction de Chauvincourt, près d’Étrépagny dans l’Eure. Il traverse la forêt de Bord-Louviers, la vallée de la rivière de l’Eure, la forêt de Bizy-Vernon, et ne pense qu’à retrouver sa belle pour la demander en mariage. En fin de journée, il arrive enfin à Chauvincourt. Il demande alors à un paysan son chemin pour se rendre au manoir de Chauvincourt où habite son cousin qui veut lui prendre sa promise. « C’est très simple », lui dit le paysan, « le manoir de Monsieur de Biencourt se situe à côté de l’église du village ». En arrivant dans le centre du bourg, les villageois le dévisagent, car ils se méfient toujours des étrangers. Arrivé devant la grille du manoir fortifié, il est empêché de rentrer dans la cour d’honneur par des Gardes. Il se met alors à crier « Elisabeth, Elisabeth, c’est moi Pierre ! ». En entendant ces appels répétés, la belle jeune femme ouvre la fenêtre du premier étage du manoir, et reconnait Pierre. Elle est surprise de cette venue. Aussitôt, sa future belle-mère ferme la fenêtre, et des gentilshommes, épée à la main, sortent de la demeure, et s’approchent du jeune et fougueux Pierre du Buc. Un dialogue s’engage, mais dérape vite en insultes et menaces. Devant cet affront seigneurial, le jeune chevalier Jean de Biencourt propose un duel à Pierre du Buc qui accepte :Cependant, le frère aîné de Jean de Biencourt, Antoine, se propose de combattre Pierre pour sauver l’honneur de sa famille, car il juge que son jeune frère n’a pas assez d’expérience dans le maniement de l’épée : « Je demande réparation par les armes en un duel au premier sang, et choisit l’épée pour laver l’honneur de notre mon frère cadet et de ma famille ».  Ce duel, accepté par les deux parties, aura par conséquent lieu dans deux jours à Criquebeuf La Campagne, chez Elisabeth, au manoir du Buc-Richard. Pierre quitte donc Chauvincourt, mais comme il est tard, il s’arrête à Vernon, et passe la nuit dans une auberge, avant de repartir le lendemain à Iville chez ses parents. On peut voir les documents et photographies dans « La Saga des Du Buc ».

L’église de Chauvincourt à côté du manoir 

Marie Marthe de Biencourt est morte à Chauvincourt le 13 juin 1695, après avoir fondé la chapelle du Verbe-Incarné à Chauvincourt, selon Charpillon (p752). Citée en 1676. Elle fut très généreuse envers l’église, selon Charpillon (p752) : « cette dernière donna, en 1676, à la fabrique de l’église de Chauvincourt, une rente de 400 l. à prendre sur une pièce de 57 acres de terre au dîmage de Chauvincourt, autour de la grange, à la charge de prière et d’entretenir une lampe de jour et de nuit devant le Saint-Sacrement » Selon Charpillon (p752), elle présente à La Galissonière un document en 1668 stipulant qu’elle est mariée à « François Du Busc-Richard ». Il s’agit de François Pierre  du Buc, écuyer, seigneur en partie de Saint-Germain-de-Fresney, seigneur d’Ecorchet à Fresney (Eure, 27) ;  seigneur depuis 1607 du plein fief de Flexanville près de Mantes-La-Jolie (Yvelines, 78), sieur de Tessay (moulin) sis à Flexanville, Les Cormes –Villarceaux, Balu, cité en 1666, 1668, 1677, maintenu de noblesse le16 août 1666 devant La Galissonnière, selon Charpillon p752. Le fils (Pierre III du Buc de La Caravelle à la Martinique) de son cousin (Jean VI François du Buc du Fontenil) tue son beau-frère le chevalier de Biencourt dans un duel. Selon Charpillon (p787) : François du Bosc-Richard (sic), sieur de Saint Germain de Fresnay, fut maintenu de noblesse le 16 août 1666. Ses armes portaient d’argent à la bande d’azur ». Ils ont eu un fils mort jeune (« César ») selon La Galissonière. On peut voir ce document dans « La Saga des Du Buc ».Il existe aussi la signature de François du Buc, seigneur de St Germain de Fresney, parrain de François Louis du Buc Richard, fils de Jean du Buc, sieur de Flexanville et de Marie-Elisabeth de Sailly, selon l’acte de baptème du 19 avril 1672 à Bretagnolles. Selon Rietstap, blason des De Biencourt : « de sable, au lion d’argent couronné de même ». On peut voir ce document dans « La Saga des Du Buc ».

Le lien de parenté entre Du Buc et De Biencourt

Le chevalier Antoine de Biencourt, était le beau-frère du cousin du père de Pierre du Buc. Des historiens mal informés écrivent « Piancourt », mais les documents de famille relèvent le nom incontestable de Biencourt. Pour être plus précis, Antoine de Biencourt, seigneur du fief de Chauvincourt, marié en 1650 à Marie d’Épinay, veuve de Mr Daniel de Boisdennemets, était le frère de Marie-Marthe de Biencourt mariée à François III du Buc qui était le cousin germain de Jean VI François du Buc ! La famille de Biencourt et la famille du Buc était liée par des alliances. On retrouve même le blason des « Biencourt » dans l’église de Saint-Symphorien-des-Bruyères (Orne, 61, Normandie) dont les du Buc avait le droit de patronage : le fils de Biencourt (Antoine) aurait participé à l’embellissement de l’église et portait « de gueules à un lion d’argent », alors que son père, encore vivant, portait de sable à un lion d’argent ».

Le manoir de Chauvincourt appartenant aux De Biencourt

Ce manoir de Chauvincourt (XIIIème –XVIème siècles) a conservé une architecture rare du XIIIème siècle : contreforts, maçonnerie, porte en plein cintre, fenêtres. Le docteur Edward Impey, Conservateur-en-Chef des Palais Royaux Historiques d’Angleterre, en situe la construction dans les années 1210. Ce logis seigneurial construit par les Chauvincourt, cités dès le XIème siècle et ce jusqu ‘en 1300, date à laquelle le fief de Chauvincourt et son manoir entrèrent dans la famille de Gamaches (les seigneurs voisins). Alips de Gamaches rendit aveu pour cette terre en 1420. Par alliance, cette terre passe à Jehan du Tertre, puis en 1482 à Yves de L’Isle-Marivaux, puis à Philippe de Fumechon marié à Françoise de Malterre. En 1577, leur fille Renée se marie à Jacques de Biencourt, fils de Florimond de Biencourt, qui rend aveu pour cette seigneurie de Chauvincourt en 1619 au droit de sa femme. De cette union naît le fils aîné Philippe de Biencourt, chevalier, qui vend cette terre de Chauvincourt en 1619 à Antoine de Fours. Le fils cadet Charles de Biencourt, chevalier, étant en désaccord avec cette vente, invoque alors le droit de retrait lignager et obtient en 1624 un décret lui attribuant le domaine familial de Chauvincourt, et donc rend aveu pour ce fief en 1629. Ce Charles de Biencourt fut un personnage important pour l’époque : il est Chevalier des Ordres du Roi, Ecuyer en sa Grande Ecurie et Commandant de son Académie Royale. Antoine Ier de Biencourt (fils aîné de Charles), chevalier, baron de Cresecques, seigneur de Poutrincourt et de Chauvincourt, Grand-Bailli d’Ardres et du comté de Guines, écuyer ordinaire du roi, épouse le 28 avril 1645 Marie d’Epinay (dit d’Espinoy), fille d’Antoine d’Epinay, Conseiller au Parlement de Paris, et veuve de Daniel de Boisdennemets (dit Bois-des-Mets), chevalier. Antoine Ier de Biencourt avait eu  deux enfants : Antoine II de Biencourt, et Marie-Marthe de Biencourt, morte le 13 (un écrit dit le 7) juin 1695 à Chauvincourt. Celle-ci fut mariée à François III du Buc alias du Buc-Richard, sieur de Flexanville. En généreuse donatrice, elle fait construire à ses frais le croisillon sud de l’église de Chauvincourt, et donne en 1676 à la Fabrique de l’église une rente de 400 livres à prendre sur une pièce de 57 acres de terre au dîmage de Chauvincourt, autour de la grange, à la charge de prière et d’entretenir une lampe de jour et de nuit devant le Saint-Sacrement. Elle fonda également la chapelle du Verbe-Incarné à Chauvincourt. Antoine II de Biencourt, fut maintenu de noblesse en 1668 et blasonnait « de sable au lion d’argent, armé, lampassé, et couronné d’or ». Il est mort en 1676.Il eut une fille Charlotte de Biencourt, dame et patronne de Chauvincourt, Neuville, et Le Roy, mariée le 8 janvier 1665 à Charles-François d’Orléans, comte de Rothelin, fils de Louis, marquis de Rothelin (paroisse de Neaufles), dont elle eut 3 fils et une fille, morts sans postérité. Il s’agit de 1° Jean-Charles-Antoine mort en 1695  2° Gabriel-Jean-Baptiste, chevalier de Rothelin, mort au combat de la Manche en 1690  3° François-Marc-Antoine-Alexis d’Orléans, comte de Rothelin  4° Anne, morte sans alliance en 1684. En 1700 (date de mort de Charlotte), Chauvincourt revint à Louis-Charles de Biencourt, puis à son fils Michel-Charles de Biencourt, marquis de Poutrincourt en 1778. Ce dernier laisse le manoir de Chauvincourt à sa sœur Rose-Jeanne, épouse de Nicolas-Claude du Belloy. La suite historique n’ayant plus de rapport avec les du Buc et les Biencourt, nous dirons simplement que la famille du Belloy est resté propriétaire de ce domaine jusqu’en 1891, date à laquelle une des descendantes, nommée Madame de Galembert, vendit le manoir de Chauvincourt à un fermier. Tombé à l’abandon, Monsieur et Madame Bernard de Canongettes de Canecaude l’acquièrent en 1958, et l’ont restauré sans compter avec l’Aide des Monuments Historiques. Monsieur de Canongettes de Canecaude est décédé en 2003, et repose dans le cimetière du dit-village de Chauvincourt. On peut voir les documents et photographies dans « La Saga des Du Buc.

Le duel au manoir du Buc à Criquebeuf La Campagne et sa cachette au château du Fontenil

Finalement, ce duel se passe exactement à la ferme du hameau du Buc à Criquebeuf-La-Campagne, à côté du manoir. Le chevalier Antoine de Biencourt trouva la mort. Cette ferme, qui appartient aujourd’hui à la famille Roussel, a toujours été appelée dès lors « la ferme du crime » par les différents propriétaires successifs, par rapport à cet évènement. Or, se battre en duel, à cette époque, c’était perdre sa noblesse (la dérogeance royale : rejet absolu de noblesse pour faute grave) ou suivre le bourreau sans phrases et sans délai. Si en 1623 au temps de Louis XIII, une Ordonnance Royale préparée par Richelieu condamne à mort les duellistes, trois ans plus tard, en 1626, ils sont privés de la Noblesse. Le duel ayant entraîné mort d’homme devient crime capital comme jurer, blasphémer, voler et tuer ! L’exécution de Bouteville, dix ans auparavant, était dans toutes les mémoires. Plus tard, Louis XIV ne plaisante toujours pas avec les duellistes qui sont condamnés : on perd sa noblesse, on perd ses biens féodaux qui reviennent à la couronne, on va en prison, on est condamné aux galères ou à l’exil notamment aux îles des Amériques. Richelieu en avait décidé ainsi, suivi par Mazarin, Fouquet, et Colbert en place à cette époque de La Fronde et de la Guerre d’Espagne.

Heureux d’avoir remporté ce combat à mort mais terrifié à l’idée d’être recherché par les Mousquetaires de Fouquet et Mazarin, Pierre du Buc, qui n’a pas encore dix-huit ans, quitte Criquebeuf La Campagne en toute hâte. Il ne se rend pas, chez lui à Iville, où il est certain d’être arrêté dès son arrivé pour être conduit à la potence. Non. Il galope vers Le Fontenil. « Ah ! Le Fontenil ! Le Fontenil ! » Crie-t-il. Il a décidé de se réfugier dans le château de son grand-père Jean du Buc, appartenant depuis peu à son cousin Jean Le Héricy de Fierville. En effet, Charles de Biencourt, chevalier des Ordres du Roi, Écuyer en sa Grande Écurie et Commandant de son Académie Royale, était le père du défunt jeune homme tué en duel, et ce personnage profite de ses hautes fonctions pour mettre un bon nombre de soldats à la recherche du petit Pierre. Il voulait à tout prix venger la mort de son fils. On peut voir les documents et photographies dans « La Saga des Du Buc.

En 1782, Antoine-Marie d’Hozier de Sérigny, juge d’Armes de 1734 –en même temps que son frère Denis-Louis–  à 1788, fait référence au duel de 1657 entre Pierre du Buc et son cousin le chevalier de Biencourt dans un rapport favorable du Conseil des Dépêches (sis au château de Versailles et fermé à tout le monde sauf au Roi et à ses fidèles, le Cabinet des Dépêches -employant 32 personnes-, en plein cœur des appartements du souverain, était une pièce secrète), daté du 31 mai 1782 et adressé à Louis XVI, concernant la requête des Sieurs Du Buc de Martinique et de Normandie à savoir : .1. Demande d’autorisation aux Du Buc de Martinique à porter les Armes des Du Buc de Normandie, et .2. Demande de reconnaissance de la filiation commune des deux branches Du Buc séparées valant recognition définitive. Archines Nationales de France CARAN ANOM Cote E143 Famille Du Buc.

Les Lettres Patentes de Louis XVI, accordées le 31 mai 1782, autorisent les Du Buc de Martinique à porter le blason de la branche cadette des Du Buc de Normandie, et reconnaissent les Du Buc de Martinique comme issus de la famille de Normandie, après avis favorable de Bernard Chérin (père). ANOM et Caninet des Titres BNF Cote E143 dossier personnel 241-148 A/FR CAOM06 COLE 241148A. Il est en deux exemplaires : un duplicata original signé du roi, une copie destinée à l’Administration de la Justice. Après accord familial passé en Normandie et par accord notarié passé à Mantes-La-Jolie, et consentement royal délivré à Versailles par décision royale définitive, Louis XVI accorde des Lettres Patentes signées de sa main le 31 mai 1782. Le roi Louis XVI, devant les preuves apportées, reconnaît définitivement que la branche Du Buc des Antilles est bien issue de la branche Du Buc de Normandie. Par conséquent, les Du Buc peuvent porter leurs armes « d’argent à la bande d’azur » qui a toujours été le blason de la branche cadette Du Buc, alias Du Buc-Richard, de Normandie, les aînés blasonnant « d’or à la bande d’azur ». Ces mêmes Lettres Patentes de Louis XVI, accordées le 31 mai 1782, reconnaissent le duel de 1657 entre Pierre du Buc, « ancien gentilhomme de Normandie », et son cousin le chevalier de Biencourt. On peut voir les documents dans « La Saga des Du Buc.

 

La fuite vers Dieppe puis l’île de Saint-Christophe aux Iles Antillaises

Caché au château du Fontenil quelques jours, Monsieur Le Héricy envoie un de ses fermiers à Iville pour en informer le père de Pierre. Aussitôt, Monsieur du Buc « père » prévoit un plan : emmener son fils à Dieppe afin qu’il puisse devenir engagé aux Iles de l’Amérique. La solution est toute trouvée ! Et cette fuite étant facilitée par le cousin de son père Mr Jean du Buc, sieur de Valmont, Procureur Général au Grenier à sel de Dieppe, qui connaissaient les capitaines et armateurs du port normand. Ayant accompagné son fils jusqu’au port de Dieppe, Jean-François du Buc, « Lieutenant Particulier  au Baillage de Dieppe » et ancien compagnon du fondateur des colonies françaises Pierre Belain d’Esnambuc, lui donne une lettre de recommandation « familiale et amicale » à transmettre au vieux Jacques Dyel du Parquet, gouverneur de la Martinique. Pierre du Buc, noté sur le registre d’embarquement sous un faux patronyme, avec un contrat d’engagé revêtu de la signature du tabellion de Dieppe, se jette sur un des bateaux sur les conseils de son père et de son cousin qui connaissent le capitaine du navire. Le vaisseau prend la mer en direction des Petites Antilles pour l’île de Saint-Christophe située à côté de la Guadeloupe. Il s’agit évidemment d’un de ces nombreux « flibots » qui emportent aux Antilles des boucaniers, des engagés, des volontaires, avec des marchandises nécessaires aux premiers colons. Sans le savoir, Pierre du Buc trouve sa Légion Etrangère, mais perd sa noblesse sur ordre royal. Il devient Pierre Dubuc « engagé, soldat et sucrier-planteur à la Martinique ». Pierre du Buc, révoqué de la Noblesse sans titre ni pension, est condamné à être pendu haut et court jusqu’à ce que mort s’en suive pour cause d’assassinat d’un noble, tentative d’enlèvement, troubles à l’ordre public, et maraude.

 

L’arrivée à Saint Christophe en 1657 comme engagé blanc

La « Traite des Blancs » avait existé au début du XVIIème siècle : des pauvres paysans normands avaient signé des contrats de travail sans vraiment savoir qu’il s’agissait d’esclavage déguisé. Une fois arrivés aux Antilles, ils devaient y rester 36 mois. Beaucoup succombèrent à la peine. On avait même embarqué des prostitués de Paris depuis les ports normands pour peupler les îles du Vents. Pierre du Buc avait été, pendant sa fuite à Saint Christophe, un « engagé blanc », puis après avoir obtenu sa libération par son maître en le menaçant d’un couteau, il fut considéré comme l’un des plus grands flibustiers grâce à sa contrebande et à ses relations avec les pirates.  Mais son but était de pouvoir rencontrer l’ami de son père encore vivant à cette époque, ce fameux Du Parquet. Et il avait un atout en main : il devait remettre cette lettre de recommandation de son père adressée à Monsieur du Parquet dans le but d’être caché et protégé. Pierre réussit à prendre un bateau en direction de la Guadeloupe puis de la Martinique. Arrivé sur l’île martiniquaise, Du Parquet accepta de le protéger dans sa maison de Fort-Saint-Pierre à coté de l’église Saint Jacques pour un temps. Cependant Pierre avait dû renoncer à son passé de Gentilhomme pour échapper à la justice royale. C’est ainsi que Messire Pierre du Buc, chevalier, devint le célèbre « contrebandier Dubuc » en perdant sa noblesse. Ses cousins le désignèrent alors par la suite comme « un traître » et « un voleur ». Après la mort de Monsieur du Parquet en 1658, un an après son arrivée en Martinique, Pierre entrait comme soldat dans les milices du nouveau Gouverneur. Il voyage militairement de bourg en bourg, d’île en île.

           Sur Pierre du Buc, le Père Labat raconte ceci : «Il est l’un des premiers et plus anciens colons de la Martinique. On ne sait pas d’où il venait mais son accent le donne pour normand. Pierre du Buc serait parti pour les Isles après un duel avec un noble chevalier. La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’il est arrivé à Saint-Christophe comme engagé. Soumis à un maître particulièrement dur, il l’attendit un soir au détour d’un sentier et lui mettant un pistolet sur le ventre le força à signer sa libération ».

   Sur Pierre du Buc, l’historien Paul Butel, auteur de « l’Histoire des Antilles Françaises XVIIe-XXe siècle (éditons Perrin 2002 Paris), raconte ceci à la page 39 : « Pierre Dubuc, le célèbre habitant de la presqu’île de la Caravelle en Martinique, vendu comme engagé à Saint-Christophe, arrivé dans la première colonie vers 1657, trouva lui aussi dans la course une partie de l’origine de sa fortune. Entretenant le goût des armes dans les expéditions de flibuste, les anciens engagés pouvaient aussi servir les clans qui s’opposèrent dans les îles autour de leurs premiers maîtres en soutenant les rébellions contre les compagnies». On peut voir les documents et photographies dans « La Saga des Du Buc.

L’arrivée de Pierre du Buc à la Martinique en 1661, à la mort de Mazarin : il fonde la Capesterre et le bourg de La Trinité, et fait preuve de ses premiers exploits militaires contre les Sauvages

Il redevint donc soldat sous les ordres du gouverneur. Enfin, il obtint une première concession, « un cadeau du roi Louis XIV et du Ministre Colbert », ce qui lui permet de devenir un des plus grands planteurs des Antilles : la concession, au Marigot, mitoyenne de celle des moines jacobins du Fond-Saint-Jacques, sur les territoires pris aux Caraïbes. C’est là qu’il développe la culture du cacao. Il s’enfonce ensuite dans la Capesterre à l’Est de l’île (on dit Capesterre ou Cabesterre selon les divers papiers…), et commence à fonder le quartier de La Trinité, tandis que ses compagnons entreprennent les autres régions, et que la petite ville de Saint-Pierre devient une riche cité, le rendez-vous des navires et le centre de négoce de la Martinique. 

Archives  Nationales (CARAN). Hôtel de Soubise, Le Haut Marais. Paris.

Archives des Colonies.

Lettre de Pierre du Buc datée du 25 novembre 1706 adressée à Sa Grandeur Monseigneur Jérôme PHELYPEAUX, comte de PONTCHARTRAIN,  Ministre de la Marine et des Colonies (Secrétariat d’Etat). Il fait état de ses services militaires depuis 1654 (donc à l’âge de 14 ans comme la famille Du Buc a toujours écrit) en France, de son installation martiniquaise à la Capesterre et à Trinité qu’il a fondé, et de la construction de son habitation depuis 1661 à la Caravelle, de son travail agricole pour la plantation, la production, et le commerce du cacao en tant que premier cultivateur de cacaoyers et exportateur de cacao dans le monde, et du fait qu’il a « détaché » ses nègres pour leur montrer la culture de cette nouvelle plante, et demande la suspension des taxes qui lui sont demandées au titre de son nouvel anoblissement de 1701 par Louis XIV. Il rappelle aussi les qualités et exploits militaires de son fils aîné Jean du Buc de L’Etang à la Martinique, à la Guadeloupe, et à Saint Christophe. Il rappelle également ses blessures (à la jambe), et celles de son fils (joue et mâchoire), en rappelant qu’ils ont failli perdre la vie plusieurs fois en servant Sa Majesté le Roi de France. Archives  Nationales à Paris. Cote F°5-146 C8A16. F° 5-146 à 147 (4 pages). Cette lettre de Pierre du Buc est classée dans la correspondance de Mr de Machault, Gouverneur Général de la Martinique. On peut voir le document (que seul Mr du Buc de Mannetot a découvert) dans « La Saga des Du Buc.

Martinique.         

                                                              Le S. du Bucq              25. 9bre.1706.

                           Monseigneur,

   Permetté moy de Représenter à vostre Grandeur que je sers Le Roy depuis cinquante et deux ans aux approbations de mes commandants, que j’ay reçüe deux Blessures à son service, très dangereuses, que sans mes soings et mes assidhuités pour l’établissement de la Capestere ou jabitte depuis quarantes cinq ans elle ne serait pas en l’état quelle est ayant eu les Sauvages à combattre pendant plus de quinze ans, que le commerce du cacao n’a esté estably que par moy qui en est donné La Connaissance aux habitans et détaché mes nègres pour leur en montrer la Culture, que j’ay mon fils aÿné qui est en qualité d’Office de milice depuis vingt 2 ans auquel Monsieur de Machault  a donné le commandement de cent grenadiers que l’on achoisy sur toutes les milices de l’isle laquelle compagnie Il a dressé au maniement des armes et aux ... demanière qu’il n’ya aucune différence aux Troupes Réglées. Il a esté blessé à la deffaite des anglais à St Pierre d’un coup de fusil par le visage qui lui a arraché sept dans et cassé la machoire  inférieure dont il souffre acutellement ; Il cest aussy distingué à la déffence de la Guadeloupe et à St Christophe sous Monsieur de Chanagnac ; et tout ce que j’ay d’enfant et lui aussi les destinons à servir le Roi n’ayant d’autre but ny dautre celle que son service ce qui me fait espérer que vostre Grandeur me fera la grasce de me dispenser de la taxe que l’on me demande en vertu des Lettres de Noblesse qui mon esté accordée lequel me traistera plus favorablement que ceux qui ne les ont eu que par argent.

D’autant plus que ce na Esté qu’en considération de mes services que je les ay demandés, sy jay donné de l’argent comme ceux qui n’avait aucuns service Sa esté dans l’esperance que l’on me traitrait plus avantageusement dans les aucasions et mesme vostre grandeur me le promet dans les dites lettres puisquil sexplique dans ces termes,

Sans que pour raison du présent anoblissement le dit dubucq ny sa postérité soit tenus de nous payer à nous ny à nos sucesseurs Rois, aucune finances ny indemnité dont esquel somme quelle puisse monter, nous leurs en avons fait et faisons don, par ces présentes,

Je nay pas moings bien forcer le Roy que Messieurs Cornette, Giraux, Guillou, Buisson et Collard, qui ont esté anobly sans avoir donné un sel, et je ne suis pas moings en estat quoy qu’aagé de septantes ans de servir aussy bien le Roy dans les occasions ainsy que le peut justifier Messieurs de Machault et de Vaucresson qu’aucun habitans delamérique, tous mes enfants cepique de bien servir et en sont jaloux, je ne le suis pas moings des marques de vostre grandeur la grasce de reconnaistre mes services par des marques qui puisse par estre aux yeux du public qui sont tesmoings de mon zelle et de la tache aux laquelle jay servy, elle me procurera par cette grace les moyens de finir mes jours aux consentement et de pouvoir durer plus lonftemps au monde ou je ne cesesay de prier dieu pour la prospérité de vostre grandeur à laquelle je suis avec un très profond respecq,

               Monseigneur

                                                  De vostre grandeur

                                                  Le très humble et très obeissant serviteur dubucq

A la martinique

Le 25 novembre 1706                                                     C’est le 1er du Bucq

                                                                                     establi à la Martinique

Nota Bene : la Capesterre (équivalent d’une agglomération ou d’un immense quartier) comportait six communes : « Le Lorrain, Le Marigot, Sainte-Marie, Le Robert, Le Gros-Morne et La Trinité. »

La vie à La Trinité de Martinique

          Les colons avaient essayé d’apprendre aux derniers Caraïbes à défricher, mais ceux-ci, « paresseux et alcooliques », préfèrent quitter l’île grâce au Traité rédigé par Philippe de Longvilliers de Poincy le 31 mars 1660. Petit à petit, ils se retirèrent tous à Saint-Vincent et à la Dominique, pour y vivre oisifs, ces deux îles leur étant attribuées. Certains descendants de ces Caraïbes de la Dominique ont conservé les traits caractéristiques de leurs ancêtres mais ils sont peu nombreux aujourd’hui. Les plus nombreux sont devenus des métis se rapprochant plus de l’Africain que de l’Indien. Lors de la dernière grande bataille au nord de la Martinique, ces Caraïbes essayèrent de chasser les Français. Retranchés à La Caravelle, ils formèrent un redoutable camp. Pierre du Buc les vainquit au combat de La Case-du-Borgne, près de Sainte-Marie, et dès lors l’île fut assurée aux colons. Pierre sera alors considéré dès  lors comme un héros.

           Très souvent, les colons utilisaient leurs chiens pour les poursuivre : les Du Buc ont racontés que, lors de ces traques, les Caraïbes se suicidaient en sautant dans le vide dans les endroits reculés. Il existe d’ailleurs, au Prêcheur, dans le Nord de l’île, un endroit où les Indiens ont sauté par milliers dans le vide. Cet endroit est appelé « le Tombeau des Caraïbes » ou « Coffre à Mort » ! Il y a une dizaine d’années, un très émouvant pèlerinage des Caraïbes de la Dominique a eu lieu. Nous ne pouvons que compatir à leur douleur. Après cette victoire contre les Caraïbes, Pierre du Buc  recevra sa nouvelle récompense de la part du roi : une concession appelée « La Caravelle ». Il s’y installera définitivement à partir de 1661, d’après sa lettre datée du 25 novembre 1706 (Archines Nationales F°5 C8A16). C’est son petit-fils qui construira le château du Buc à La Caravelle au XVIIIème siècle (en 1725 exactement).

           Après cette bataille de La Case-du-Borgne, les Du Buc et les autres colons préférèrent remplacés les Caraïbes déportés à la Dominique par des noirs importés d’Afrique. Et ce sont véritablement ces hommes, femmes et enfants noirs (les esclaves noirs) accompagnés des engagés blancs (« les esclaves blancs ») qui ont mis en valeur le sol de la Martinique au XVIIIème siècle. A cette époque, un parlementaire français en mission avait comparé la Martinique « à un véritable jardin dont pas un pouce de terrain n’est inutilisé ».

On sait aussi que la contrebande et la vente d’esclaves se faisait chez lui sur le lieu-dit « l’Anse du Buc » au sud de la presqu’île de la Caravelle. Ces agissements horribles faisaient parties d’un autre temps, d’une autre époque…

Le Café

Le café ne fut pas cultivé chez Pierre du Buc mais chez son fils cadet Balthazard, car cette plante « qui réveille » (deux pousses prises au Jardin des Plantes à Paris) ne fut apportée à la Martinique qu’en 1720 par le chevalier Gabriel de Clieu par le bateau nommé « Le Dromadaire ». La belle première pousse fut plantée au Prêcheur chez Mr de Clieu. Le deuxième arbrisseau, quasi grillé et qui ne survécut pas à cause de la tempête et de la chaleur durant le trajet, fut planté «  en terre fertile chez le Sieur (Balthasard) du Buc à la Caravelle » en espérant la voir repoussée... 

Le Cacao

Son travail agricole pour la plantation, la production, et le commerce du cacao en tant que premier cultivateur de cacaoyers et exportateur de cacao dans le monde, et du fait qu’il a « détaché » ses nègres pour leur montrer la culture de cette nouvelle plante : Pierre du Buc déclare dans une lettre datée du 25 novembre 1706 adressée à Sa Grandeur Monseigneur Jérôme PHELYPEAUX, comte de PONTCHARTRAIN,  Ministre de la Marine et des Colonies (Secrétariat d’Etat) « que le commerce du cacao n’a esté estably que par moy qui en est donné La Connaissance aux habitans et détaché mes nègres pour leur en montrer la Culture ». En effet, Les premières plantations de cacao se font chez les Du Buc au Marigot sur la côte est de l’île. Le Marigot, faisant partie de la compagnie de Mr de Verpré, en 1678, en le quartier de la Capesterre, un inventaire nous renseigne : « Pierre du Bucq, estage, quantité des terres largeur et hauteur par pas égal à 3 pieds ½ chacun : 100 pas de large et 500 pas de haut. Ses voisins sont Robert PELIN et Thomas CHEVALIER. Extrémité de sa propriété les révérends jacobins et Messire Gaston BUSSIRE. Quantités de terres plantées en vivres 150 pas, pas de savane, restant à défricher 350 pas, pas d’estimation, terre voisine non concédées en étage à l’abandon mais destiné à produire de l’indigo ». L’abbé Cosimo Bruneti signale cette découverte du cacao par la suite, et le juif portugais Benjamin Dacosta fera de même en suivant les pas de Pierre du Buc devenu alors un planteur actif et industrieux. Pierre est le premier de son quartier à reconnaître les autres plantes utiles : le tabac et la canne à sucre. Rappelons que ses parents avaient en leur possession de riches terres agricoles sur les plateaux d’Evreux en Normandie. Lorsqu’il faisait des découvertes, il les communiquait à ses compagnons afin que ceux-ci en fassent leur profit. En 1683, des essais de plantation de mûriers ont même lieu pour l’élevage de vers à soie !

Dans ses nouvelles lettres de noblesse accordées en 1701 par Louis XIV (Nouveau D’Hozier.  Dossier n°74. Sous-dossiers 1393 et 1395. MF29497. Cabinet des Titres BNF Site Richelieu Paris), il est écrit ceci : « …que par ses soins et persuasions les habitants de ces quartiers, aussi bien que des autres, ont plantés l’arbre qui produit le cacao, cette culture les ayant mis à leur aise, et fait fleurir le commerce en ce pays… ». Il faut rappeler que Louis XIV n’aimait pas le cacao, mais que ses courtisans en raffolaient et le buvaient sans sucre et sans lait, seulement avec de l’eau chaude !

Voici ce que dit le Père Labat sur Pierre du Buc, selon le « Voyage aux Isles », chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705, par le Père Jean-Baptiste Labat (né en 1663, mort en 1738), édition allégée établie et présentée par Michel Le Bris, éditions Phébus, Paris, 1993, d’après l’édition originale de 1732 reproduite d’après le manuscrit écrit en 1718 et publié la première fois en 1720 en 8 volumes. Cet extrait est donc tiré de l’édition de 1732 avec approbation de l’auteur le Révérant Père Jean-Baptiste Labat, 6 années avant sa mort le 6 janvier 1738 : « …le sieur du Buc s’établit au cul-de-sac de La Trinité, dont on peut dire qu’il a été le premier habitant, qu’il y a fait la première sucrerie, et que c’est à lui que ce quartier, à présent le plus considérable de l’île, est redevable de la culture du cacao, dont ayant trouvé quelques arbres dans les bois, il en a multiplié l’espèce… ».

Selon un rapport de 1750, Monseigneur le duc de Choiseul, Ministre de Louis XV, écrit : « Pierre du Buc ne s’est pas seulement distingué dans les services militaires : il a etably la première sucrerie au vent de l’isle, fait l’ouverture des principaux chemins qui conduisent au fort Royal et au fort St Pierre, et Procuré une nouvelle source de richesse à la colonie en luy apprenant la culture du cacao dont elle n’avait aucune connaissance… ». Dans un autre rapport favorable, adressé au Roi Louis XV, concernant  la demande des Lettres Patentes d’Exception de Révocation de Noblesse et donc de Confirmation de Noblesse pour la famille Du Buc de Martinique en 1769, Monseigneur le duc de Choiseul, Ministre, rappelle que la culture du cacao a bien été apportée à la colonie par Pierre du Buc (Archines Nationales de France CARAN ANOM Cote E143 Famille Du Buc). On peut voir les documents dans « La Saga des Du Buc.

A Versailles, les courtisans comme la famille du duc de Penthièvre, boivent le chocolat pur et amer du Marigot à l’eau chaude et sans sucre, en provenance des plantations des Du Buc au village de « Le Marigot » à La Martinique. Le chocolat au lait n’existe pas encore. Il faut savoir que le chocolat et le café sont des « épices » rares qui viennent des Antilles et qui coûtent cher. En 2008, la seule chocolaterie qui respecte la tradition martiniquaise (mélange de sucre de canne et de pur cacao) est la « Maison Élot-Héritiers Clément » situé au Domaine Acajou près du François à la Martinique. Le café des Du Buc était produit à La Caravelle ou aux Anses-d’Arlets sur les plantations Marlet-Du Buc. Ce tableau de dégustation du chocolat est présent aux châteaux de  Versailles et d’Anet (visible dans « La Saga des Du Buc »).

 

Pierre du Buc fonde sa première case, sa sucrerie, et ses plantations (canne à sucre, cacaotier, cotonnier, caféiers et le tabac. Le café et le cacao des plantations des Du Buc et des Tascher de La Pagerie étaient prisés. L’habitation de Pierre du Buc devait ressembler à l’Habitation Clément au François à la Martinique. Son installation martiniquaise à la Capesterre et à Trinité qu’il a fondée, ainsi que  la construction de son habitation à La Caravelle eurent lieu 1661.

Pierre du Buc de La Caravelle apparaît sur le terrier de 1671 sous le nom Dubuc ou du Bucq : «  La case n°8 est Place de feu le sieur Gaillard à présent Dubuc ». Sa case est située dans les hauteurs de Trinité, à l’emplacement de Desmarinières. Elle mesure 310 m environ de façade sur 1200 à 1500 pas de Haut. Elle s’étend « du bord de la mer » au «  bois-debout » sur à peu près 56 hectares. Sur cette « Place », on signale comme bâtiment « une petite sucrerie », l’une des 21 du quartier. Quinze hectares sont plantés en canne à sucre  et  huit  hectares  sont  consacrés  aux  cultures  vivrières.  Pierre du Buc  possède  aussi dans les « étages du Marigot » 100X500 pas où huit hectares sont plantés en cannes. Du Buc pratique également la culture du pétun. On estime la production de « Dubuc » à 40 000 livres de sucre. Le domaine de la Caravelle, d’où il prit le nom pour sa notoriété, comprenait 517 ha « en bois debout, savanes et halliers ».Vers 1680, Pierre III du Buc continua sa politique d’expansion vers les terres au sud de la rivière du Galion sans abandonner Des Marinières. C’est son fils aîné, Jean du Buc de L’Etang, qui profitera de la politique de son père pour s’enrichir.

Les Du Buc, depuis l’installation de Pierre du Buc en 1661 à la Capesterre, ont été Planteurs et Maîtres d’Habitation tout autour de Trinité et sur la Presqu’île de La Caravelle à la Martinique pendant trois siècles. « Ici tout est Dubuc !» s’était écrié François Louis de Salignac, marquis de Fénelon (1722-1764) gouverneur de la Martinique, rentrant d’une inspection au quartier de La Trinité en 1764 (il fut Gouverneur de janvier 1763 à avril 1764).

Le quartier de La Capesterre, selon un document signé du 3 avril 1678, est dirigé par sieur et capitaine Nicolas LESCAUDE de SAINT TAURIN qui commande donc la compagnie de La Capesterre où on dénombre 116 hommes blancs portant les armes « tant sains que malades, 60 femmes blanches, 66 garçons et filles, 302 nègres masles femelles et enfants ».

Nicolas LESCAUDE de SAINT TAURIN possède, à titre personnel, le plus d’esclaves dans partie de La Caravelle-Trinité-Sainte-Marie. Le capitaine LESCAUDE de SAINT TAURIN possède « 4 domestique, 12 nègres, 14 régresses, 8 négrillons ».

   Le capitaine LESCAUDE de SAINT TAURIN a sous ses ordres le lieutenant Pierre du Buc (noté « du Bucq »). Monsieur du Buc possède 1 domestique (son commandeur -c’est-à-dire celui qui commande les esclaves-) qui est âgé de 48 ans et qui se nomme L’ESTANG. Messieurs du Buc, lieutenant, et L’Etang, commandeur, sont armés de « 2 fusils, 2 mousquetons-épée, de 50 livres de poudre, 30 livres de balles, plomb et autres admonitions ». L’inventaire des esclaves de Mr du Buc précise qu’il y a à l’Habitation de La Caravelle : « 8 nègres masles tant bons que mauvais, âgés de 7 ans, 20 ans jusqu’à 50 ans ; 6 négresses aussi de différent âge ; 3 négrillons depuis 2 ans jusqu’à 8 ans ».

   « Le lieutenant du Bucq », 38 ans, vit en 1678 sur son Habitation « La Caravelle » avec sa femme Renée Blondeau du Clos, 40 ans, son fils Jean, 5 ans, Balthazard, 2 ans et demi, et Louis du Clos fils de sa femme, 10 ans.

Détails de la première page de la Compagnie de Mr de Verpré en 1671 (pages 102-103), Détails sur la compagnie de Mr de La Garenne copié par les auteurs (pages 104-105), les terres de pierres du Buc rapportent annuellement 40.000 livres par estimation, ce qui constitue un des plus gros revenu de la Capesterre située au Nord de la Martinique.

Cartes postales et photographies du livre « La Saga des Du Buc » :

le moulin à sucre, un esclave apportant un rafraichissement à ses maîtres, lithographie du XIXème siècle : les esclaves cultivant la canne à sucre aux Antilles (Martinique, Guadeloupe), photo prise en 1930 par Henriette Célarié, binage de la canne à sucre à la Guadeloupe, transport de la canne à sucre par bateaux « les chalands » vers les moulins pour le broyage, transport de la canne par les bœufs, l’arrivée au moulin, le broyage de la canne à sucre dans une usine d’une habitation coloniale à la Guadeloupe, le contremaître et ses ouvriers, type de sucrerie coloniale et habitation, transport de la canne par le chemin de fer, groupe de travailleurs, un village de travailleurs, case de travailleurs agricoles ou d’ouvriers, une case de la campagne martiniquaise, maisonnette (dite « case ») de travailleurs agricoles dans les plantations à la Martinique., transport d’une case de cultivateur aux Antilles, récolte du manioc, récolte des ananas, transport de la canne à sucre, coupe d’un régime de bananes. Collection Henriette Célarié ou famille Du Buc.

 

Que se passe t-il à la Martinique quand Pierre du Buc s’y installe

En 1664, le roi Louis XIV envoie le lieutenant-général Prouville de Tracy pour lui donner une vision globale de la colonisation. Et en avril, le roi décide du rachat des îles par la « Compagnie Française des Indes Occidentales ». Colbert, achète au mois de mai pour 120.000 livres la Martinique aux héritiers de Mr et Mme du Parquet.Et dès lors, les Français font face aux menaces de guerre des Anglais et des Hollandais. Mais des conflits ont lieu quand même : c’est ce qu’on appelle la Guerre de Dévolution (1666-1668), et la Guerre Franco-Hollandaise (1672-1678). C’est à cette époque que l’on commence à construire le Fort Militaire de Fort-de-France.

En 1664, les populations blanches et noires s’équilibrent à la Martinique. On parle de 3000 blancs et 3000 noirs. Un tiers des blancs sont des Normands. Viennent ensuite les Parisiens, et les Hollandais (surtout des juifs) qui ont été chassés du Brésil. Ce sont eux qui construiront de nombreux moulins à la Martinique, et beaucoup seront commerçants à Saint-Pierre.

La plupart des propriétaires, c’est-à-dire les Maîtres de Case, possèdent des domestiques : on compte quatre esclaves pour un employé.

En 1665, une grande révolte des esclaves noirs qui, voulant échapper aux mauvais traitements dont ils sont l’objet, abandonnent les plantations et s’enfuient dans les bois de la Montagne Pelée. Désignés sous le nom de « nègres marrons », ils sont poursuivis, traqués par des chiens ; les uns sont tués, les autres se soumettent.

Pour la première fois en 1666, les Anglais essayent de s’emparer de la Martinique. Ils l’attaquent le 30 juillet. Les milices du Prêcheur font vaillamment leur devoir et repoussent les ennemis qui, sous les ordres de Lord Willougby, gouverneur de la Barbade, avaient débarqué au nord de Saint-Pierre.

   En 1667, neuf frégates anglaises commandées par le général Jones, essayent une nouvelle tentative de débarquement. L’escadrille française du gouverneur général Lefebvre de La Barre sera écrasée le 29 juin 1667. Cependant, les Anglais échouent à nouveau !

En 1668, la Guadeloupe fut placée sous la dépendance de la Martinique, ce qui entrava longtemps son développement.

En 1670, le roi Louis XIV décide que le service des engagés soit réduit à 18 mois. Par contre, les concessions accordées ne sont plus que de 12 hectares.

En 1671, l’île martiniquaise compte 4018 habitants blancs d’Europe et 6582 noirs originaires d’Afrique. Il existait également des esclaves blancs qui étaient de pauvres paysans français, surtout bretons, ayant signé sans le savoir des  contrats d’engagement de leur vie au service d’un maître. Leur nombre est inconnu mais ils étaient plus nombreux en Guadeloupe qu’en Martinique. On parle d’environ 550 engagés de l’équipée guadeloupéenne de L’Olive-Du Plessis. Ces esclaves blancs, traités comme les cerfs au Moyen Age, se sont battus sans espoir. Certains d’entre eux avaient même fui « aux Saintes », une île double au large de la Guadeloupe. D’autres s’étaient sauvés vers « La Désirade », une île où on avait fondé les dispensaires pour les lépreux.

En 1674, après la révocation de la Compagnie des Indes, quand la propriété, seigneurie et domaine de la colonie furent réunis à la couronne de France, les colons étaient répartis en deux classes : les « immigrants » venus à leurs frais et à qui, moyennant des redevances annuelles de coton et de tabac, on accordait des concession de terrain ; et les « engagés, recrutés au Havre et à Dieppe (comme Pierre du Buc) et qui, transportés gratuitement, se louaient pour trois ans au bout desquels ils recevaient une concession de vingt-cinq hectares de terre ».

En 1679, suite à une disette, les esclaves se rebellent un peu partout, mais le comte de Blénac réprime cette révolte.

Quand le Père Labat fait un éloge à la famille Du Buc à travers son livre, notamment à Jean du Buc de L’Etang et à son père Pierre du Buc.

 « Voyage aux Isles », chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705, par le Père Jean-Baptiste Labat (né en 1663, mort en 1738), édition allégée établie et présentée par Michel Le Bris, éditions Phébus, Paris, 1993, d’après l’édition originale de 1732 reproduite d’après le manuscrit écrit en 1718 et publié la première fois en 1720 en 8 volumes. Cet extrait, présent dans « La Saga des Du Buc », est donc tiré de l’édition de 1732 avec approbation de l’auteur le Révérant Père Jean-Baptiste Labat, 6 années avant sa mort le 6 janvier 1738. Collection famille Du Buc.

Rajout d’informations historiques voulu par la famille Du Buc et d’autres familles de colons, suite à la première édition qui eut un grand succès.

« Voyage aux Isles de l’Amérique, Antilles, 1693-1705 », par le Père Jean-Baptiste Labat (né en 1663, mort en 1738), édition allégée établie et présentée par Daniel Radford dans Mémoire Vive, éditions Seghers, Paris, 1979, d’après l’édition originale de 1842. Cet extrait, présent dans « La Saga des Du Buc », est donc tiré de l’édition de 1842, 104 années après la mort de l’auteur le Révérant Père Jean-Baptiste Labat (décédé le 6 janvier 1738). Des compléments d’informations historiques sont présents sur les familles des colons. Collection famille Du Buc.

Et le rhum sauva la Martinique le 30 juillet 1674 de l’envahisseur hollandais.

          Le terrible amiral hollandais Michel-Adrien de RUYTER avait reçu l’ordre d’aller attaquer la Martinique. Il partit de Hollande le 8 juin 1674 avec 37 vaisseaux et 6 brûlots. Les hollandais arrivèrent à la Martinique le 19 juillet 1674 aux Anses d’Arlets, où ils restèrent immobilisés un certain temps pour mettre en place leur stratégie d’attaque du Fort-Royal c’est-à-dire Fort-de-France.

          On sait très bien que les esclaves noirs des Anses d’Arlets avaient repérés les premiers cette immense armada de navires qui se dirigeait sur l’île. Tous les esclaves se réfugièrent aussitôt chez les colons qui décidèrent de mener la résistance et la riposte. Toutes les cloches des églises et des habitations de la Martinique se mettent alors à sonner. Toute la population est terrifiée. Certains quittent la Martinique pour aller demander de l’aide à la Guadeloupe ou aux flibustiers français de l’île de Saint-Domingue !!! On s’attend à un carnage total, vue le nombre de bateaux ennemis. Sur l’ordre du marquis de BAAS, lieutenant-général des îles, Monsieur de Sainte-Marthe quitta la ville de Saint-Pierre en canot et arriva à Fort-de-France au petit jour. Il était accompagné des meilleurs soldats de la Martinique recrutés la veille : 161 blancs et 135 esclaves noirs. Les Martiniquais sont tous soudés par un seul but : défendre leur île qui va être envahie dans les prochaines heures. Dans toutes les habitations, on se barricade, même dans les églises ! Les colons et les prêtres donnent des armes blanches à leurs esclaves. Ceux-ci préfèrent restés français. On leur dit que l’esclavage pratiqué par les Hollandais et les Anglais est pire que tout.

          Tous les grands et glorieux colons sont là avec leurs fils : Antoine CORNETTE, DE COLLARTI, DU PREY DE LA RUFFINIERE, Pierre DU BUC DE LA CARAVELLE, DE CACQUERAY-VALMEUNIER, LAGUARIGUE, Jaham DE VERTPRE, même le vieux  Guillaume D’ORANGE (65 ans) qui a été le fidèle compagnon de Mr DU PARQUET.

          Le 20 juillet 1674, la flotte hollandaise arrivent sur Fort-de-France. Deux frégates s’en détachent pour foncer sur le fort. Les Français réagissent immédiatement : Mr de Sainte-Marthe, voyant le danger arrivé, ordonne au capitaine D’AMBLIMONT (qui dirige le vaisseau « Les Jeux ») de couler un navire marchand du Martiniquais AYCARD, pour empêcher l’arrivée hollandaise dans le Carénage. Cet écueil improvisé surpris l’amiral de Ruyter. « Que fabriquent ces Français ? Pourquoi coulent-ils un de leurs bateaux ? » aurait-il crié à ses marins. Les Martiniquais, peu nombreux mais très rusés, défilèrent régulièrement dans le chemin de ronde du fort, ceci afin de faire croire que la place forte était garnie de nombreux défenseurs.

          Puis, l’amiral  DE RUYTER, après avoir fouillé à coup de canon les roseaux qui couvraient la plaine de Fort-de-France, ordonna le débarquement le 30 juillet : 5 000 Hollandais mettent le pied sur l’île. Ils sont commandés par le comte de Stirum, le comte de Horn, et Ruyter fils (de son prénom Enge). La ville de Fort-de-France était vide. Tous les habitants s’étaient enfuis vers le Nord, sauf les soldats français retranchés dans le fort. Avant de passer à l’attaque, les Hollandais pillèrent les maisons, mais aussi les magasins dont les portes étaient restées volontairement ouvertes. Ils découvrirent les tonneaux de rhum, d’alcool, et gouttes. « Les soldats hollandais, aussi écarlates que leurs retroussis de leurs justaucorps, buvaient rasade sur rasade à la santé du comte de Stirum, futur gouverneur hollandais de la Martinique. Hélas, ils burent tellement d’alcool qu’ils furent incapables de tenir sur leur jambes lorsqu’on voulut les mener à l’assaut ». Trois fois, les Hollandais tentèrent de s’emparer du fort. Mais trois fois, ils furent repoussés par les Martiniquais qui jetèrent du haut de leur muraille pierres, flèches, huiles chaudes, sur leurs assaillants. Enge de Ruyter, fils de l’amiral, meurt d’un coup de pistolet en pleine poitrine. Le comte de Stirum meurt à la suite d’un jet de pierres par « deux nègres héroïques et audacieux ». Ce 30 juillet, 1 500 soldats ennemis ont été tués. Devant cette honteuse défaite, et attristé par la mort de son fils, l’amiral Ruyter décide de rembarquer ses troupes pour prendre la direction du Prêcheur. Mais à son tour, il est attaqué par le vaisseau français « Les Jeux ».

          C’est donc une grande victoire pour les Martiniquais. On rapporte que les colons, et par la suite les esclaves, se sont passés l’étendard royal hollandais de mains en mains pour fêter cette victoire !

          Au fort, il y eut seulement 6 tués, dont le courageux et téméraire  Guillaume d’Orange. Celui-ci avait 65 ans. Pierre du Buc du Fontenil fit son éloge pendant son inhumation le lendemain.

          En apprenant la victoire des Martiniquais, le roi Louis XIV, très fiers d’eux, fit frapper une médaille sur laquelle fut gravée les mots suivants : « les Bataves défaits et mis en fuite à la Martinique ; colonie française victorieuse en Amérique ».

Une gravure hollandaise représente l’attaque de la Martinique en 1674. Cette immense armada hollandaise de 37 vaisseaux et de 6 brulots fut vaincue par les colons français et leurs esclaves tous soudés contre l’envahisseur. Louis XIV fut très fiers de ses sujets martiniquais. Mais le rhum y fut pour beaucoup… On peut voir cette gravure dans « La Saga des Du Buc.

 

Ses grades militaires succéssifs.

Sur la carrière militaire de Pierre du Buc, on en sait un peu plus depuis sa victoire avec ses amis colons contre les Hollandais en 1674. Pierre du Buc conduisait sans relâche les habitants de son quartier au combat sans faiblir à travers les Antilles. Il avait un esprit conquérant. A cette époque les Anglais disaient : « Mieux vaut avoir affaire à deux diables qu’à un seul habitant français »… Voici ses grades et ses exploits militaires durant la Colonisation et la Guerre contre les Anglais, les Espagnols, et les Hollandais selon les lettres du Gouverneur, du Ministre de la Marine, et du roi Louis XIV (Dossier E143, Ach. Nat. ANOM) : soldat au service du Gouverneur des Iles du Vents ; Lieutenant d’une compagnie d’infanterie en l’Isle Martinique (1687) ; soldat à la bataille de Saint-Eustache et de La Pointe-Blanche (1689) : à la prise de Saint-Eustache avec ses soixante hommes (le « sac » de Saint-Eustache), Pierre eut la cuisse gauche traversée, ce qui, selon les lois de la flibuste, portera sa part au butin, sous le contrôle de l’amiral de France, à 30 000 livres de sucre ; lieutenant d’une compagnie de Milice en l’isle Martinique (1691) : Les milices étaient des petites troupes locales de soldats qui défendaient le territoire menacé par l’étranger surtout Anglais ; puis capitaine de grenadiers au Régiment de Piquigny (1691) ; lieutenant aux combats de Guadeloupe et de Martinique (Antigoa, Nevis, Monserrat, Tabago, Sainte-Luce, Corossol, Fort-Saint-Pierre). Déjà âgé, et en comptant de nombreuses blessures, il alla avec d’autres miliciens aider La Guadeloupe à repousser un siège anglais le 24 mai 1691. En 1692, il contribua à repousser les Anglais devant le Fort de Saint-Pierre.  « On faisait en France un tel cas de sa valeur et de son expérience que l’intendant Bégon et le gouverneur De Saint Laurent l’emmenèrent à Saint-Domingue vers 1685 pour y régler certaines questions d’ordre et d’administration, relatives à l’extinction de la Flibuste ». C’était en quelque sorte un conseiller politique.

 

Une nouvelle noblesse et la reconnaissance de son ancienne noblesse.

Né noble, mais renié par sa famille à cause d’un meurtre provoqué par le fameux duel, il veut prouver pour sa fierté personnelle qu’il peut redevenir gentilhomme grâce à sa réussite militaire et agricole. Aussi lorsque Louis XIV en 1696, dévoré par ses besoins d’argent, met en vente 500 lettres de Noblesse, Du Buc en prend pour 6 000 LT (somme fixée par arrêt du Conseil le 3 avril 1696) grâce à Monsieur Bégon et Monsieur de Saint Laurent. Des Lettres de Noblesse pour Pierre du Buc, IIIème du nom, sieur de La Caravelle et du Marigot à la Martinique, sont donc accordées en mai 1701. Ces nouvelles Lettres et ces nouvelles Armoiries couleur locale : « d’azur, à un sauvage d’or, au chef cousu de gueules, chargé  de trois dards d’argent,  mis en fasce » ont été  enregistrées le  21 juillet 1701 par le Parlement de Paris et le 23 août 1701 par la Chambre des Comptes de Paris, puis le 29 août 1701 par la Cour des Aides de Paris, enfin le 6 mars 1702 par le Conseil Souverain de la Martinique. Ces Lettres de Noblesse parlent de 44 ans de services aux îles, rendus par « Pierre du Bucq ». Car de 1657 (départ précipité de Dieppe suite au duel) à 1701 (obtention des Lettres de Noblesse), on compte bien 44 années ; Archives Nationales C8A16 F°146. Ces notes oubliées avaient rendues publiques en 1869 par Mr Henri Gourdon de Genouillac (1826-1898) dans son Dictionnaire des anoblissements du XIIIème au XVIIIème siècle (contenant l’indication des anoblissements, maintenues de noblesse, concessions, collations de titres… accordés par les rois de France de 1270 à 1790 avec les dates d’enregistrement sur les registres du Parlement de paris et sur ceux de la Chambre des Comptes et de la Cour des Aides, Paris, Bachelin-Deflorenne (B.N. de F. 4° Lm1 116, Bibliothèque Nationale de France Site François Mitterrand, Paris). Les nouvelles Armoiries de Pierre du Buc en 1701, d’après copie de Mr D’Hozier de Sérigny en 1777, sont visibles dans « La Saga des Du Buc ».

Plus tard, Pierre sera furieux quand on lui apprendra une nouvelle scandaleuse sur l’obtention du titre de noblesse. « De bons amis ne manquent pas de lui rapporter que deux officiers de milice, ses rivaux qui n’en ont fait ni plus ni moins que lui, ont obtenu leurs lettres de noblesse… sans bourse délier ! Dubuq aussitôt s’en indigne auprès du ministre qui, non sans perfide ironie, lui répond vous auriez dû être moins pressé ! Vous les auriez reçues gratuitement et elles auraient eu plus de valeur ! »  « A titre de dédommagement, il est promu lieutenant-colonel. Hélas ! Il ne le saura jamais car il est mort en 1708, le seigneur lui a épargné la nouvelle, en 1715, de la révocation de toutes les lettres de noblesse pour lesquelles, selon l’aimable expression on avait financé » Et c’est bien pour cela que ses descendants demanderont aux du Buc normands, leurs cousins, de leur fournir en 1780 et 1781 des aides pour prouver leur petite noblesse.

Les Lettres de Noblesse, accordées en mai 1701 à Pierre du Buc (Pages 1. Dossier Du Buc – Du Bucq Normandie-Martinique. Titres et Preuves de Noblesse. Nouveau D’Hozier.  Dossier n°74. Sous-dossiers 1393 et 1395. MF29497. Cabinet des Titres BNF Site Richelieu Paris), se trouvent dans « La Saga des Du Buc ».

Blasons 

Maison du Buc, alias du Buc-Richard, de Normandie ; titrée baron du Buc de Bretagnolles, comte du Buc de Saint Olympe ; blasonnant comme branche aînée : « d’or à la bande d’azur » ; Nec Pluribus Impar. Maison du Buc des Antilles Françaises (Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue-Haïti) : blasonnant de 1701 à 1782 comme branche cadette « d’azur à un sauvage d’or ;au chef cousu de gueules chargé de trois dards d’argent posés en fasces » ; Nec Pluribus Impar. Maison du Buc des Antilles Françaises (Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue-Haïti) ; titrée comte du Buc de Saint Olympe ; blasonnant depuis 1782 comme branche cadette : « d’argent à la bande d’azur » ; Nec Pluribus Impar

Lettres de Confirmation de Lettres de Noblesse en faveur des descendants de Pierre du Buc (OLIM du Bucq/Dubucq ; ALIAS du Buc-Richard ; famille d’origine normande installée près d’Evreux depuis 1190 et à la Martinique près de La Trinité -Presqu’île de La Caravelle- depuis 1657 par le biais de ce Pierre du Buc, suite à un duel où il tua son cousin le chevalier de Biencourt). Lettres Patentes données et signées au château de Versailles par Sa Majesté Louis XV en novembre 1769, enregistrées au Parlement de Paris le 23 janvier 1770 sur ordre du Chancelier De Maupéou, classées dans les Ordonnances de Louis XV du 28 novembre 1769 au 30 janvier 1770. Page 232-233-234-235. Cote X1A 8790 f°232. Archives Nationales (CARAN) à Paris. L’acte original, recopié par Ysabeau, est signé par Louis XV, le duc de Praslin, le chancelier de Maupéou, et scellé du grand sceau de cire de verte :

« Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présent et avenir, salut. Le feu Roy, notre bisayeul, de glorieuse mémoire, aurait accordé, au mois de may 1701, au Sieur Pierre du Bucq, une des cinq cent lettres de noblesse créées par Edit du mois de mars 1696, lesquelles auraient été enregistrées en notre Cour de Parlement séant à Paris le 8 juillet de la même année en sa Chambre des Comptes et en la Cour des Aydes le 23 et 29 août suivant, et le 6 mars 1702 au Conseil Souverain de la Martinique mais les Lettres créées par Edit du mois de mars 1696 ayant été révoquées par un autre édit du mois de 1715, à l’exception de celles qui auraient eu pour motif de concession des services importants rendus à l’Etat ; et les descendants de Pierre du Bucq, qui ont ignoré jusqu’à ce jour la révocation des dites Lettres, du bénéfices desquelles ils ont cependant toujours joui paisiblement, nous auraient très humblement fait supplier de vouloir bien leur en accorder la confirmation en considération des services que le dit Pierre du Bucq et ses descendants ont rendu constamment depuis plus d’un siècle et que cette famille continue de nous rendre aujourd’huy dans les différents emplois. Nous nous y serions d’autant plus volontiers qu’en effet le dit Pierre du Bucq, originaire de notre Province de Normandie, passa à la Martinique vers le milieu du dernier siècle ; il y servi successivement en qualité d’enseigne de lieutenant et de capitaine de milice. Il se distingua dans toutes les occasions, et à la tête de plusieurs détachements qui luy avait été confiés, il parvint à réduire et chasser tous les sauvages en faisant leur chef et capitaine prisonnier. Il reçu à l’attaque de l’île de Saint-Eustache une blessure de laquelle il est resté estropié toute sa vie. Il avait contracté deux alliances, l’une avec Demoiselle Blondeau dont il eut un fils nommé Jean, et l’autre avec Demoiselle Thérèse Gombaud dont il eut pour fils Pierre du Buq vivant en 1713. Jean du Buq, né le 2 août 1672, à l’exemple de son père, se dévoua au service dès sa plus tendre enfance. Il fut nommé Enseigne de Milice à l’âge de 13 ans, devint capitaine de l’unique Compagnie de Grenadiers de l’île au mois de janvier 1704. Et au mois d’octobre 1708, il fut fait Colonel de Milices qui étaient alors enrégimentées. En 1711, il commanda un détachement de troupes avec lequel il attaqua l’île de Montserrat  appartenante aux Anglais et malgré les avantages du lieu fortifié par des montagnes presque inaccessibles et défendu par des ennemis très supérieurs en nombre, il eut contre eux les plus grands succès. Il fut blessé dans plusieurs autres occasions. Il eut de son mariage avec Élisabeth Jarday, fille de François Jarday, sieur des Marnières, capitaine de Milice, plusieurs enfants et notamment Jean né à la Martinique dans le quartier de La trinité au mois de septembre 1692. Il servit d’abord pendant cinq ans dans la compagnie de Gentilshommes Garde Marine au département de Brest  d’où il passa à la Martinique, et après s’être distingué dans toutes les occasions, il fut fait capitaines de Grenadiers . De son mariage avec Magdeleine Courtois sont nés Jean du Buc actuellement chef du bureau des colonies, Pierre du Buc de Sainte Preuve, Félix André du Buc d’Enneville, et Julien Antoine du Buc du Ferret député de la Martinique . A ces considérations, et autres causes à ce nous mouvant de l’avis de notre conseil , de notre grâce spéciale, de notre certaine science pleine puissance et autorité royale, nous par ces présentes signées de notre main voulons et nous plait que les Lettres de Noblesse accordées au mois de may 1701 au dit Pierre Du Bucq cy attachées sous le contrescel de notre Chancellerie sortent leur plein et entier effet, soient exécutées selon leur forme et teneur, la révocation prononcée par notre Edit d’août 1715 n’ayant pu tomber sur les Lettres accordées au dit Pierre du Bucq, attendu qu’elles ont eu pour principe les services signalés de Pierre du Buc dans le militaire, son application au soulagement des habitants des Isles de l’Amérique, son zèle pour faire fleurir le commerce dans ce pays. En conséquence, autorisons et confirmons et de notre même grâce et autorité que dessus, avons autorisé et confirmé les descendants en légitime mariage tant mâle que femelle du dit Pierre du Bucq dans les privilèges de la noblesse, voulons qu’ils continuent de jouir et user de toutes les prérogatives, prééminences, franchises, libertés, et immunité dont jouissent et ont coutume de jouir les autres nobles de notre royaume de porter les armoiries telles qu’elles ont été timbrées dans les dites lettres et réglées par le juge d’Armes de France, sans toutefois qu’ils puissent pour les dites présentes être tenu de nous payer, ny à nos successeurs roys aucune finance ny indemnité, dont nous leur avons fait don et remise à quelque somme qu’elle puisse coûter, pourvu toutefois qu’ils ayent vécu noblement et qu’ils n’ayent fait aucun acte dérogeant à la Noblesse. Si donnons en mandement à nos amis et séants conseillers les Gens tenant notre Cour de Parlement, Chambre des Comptes et Cour des Aydes à Paris, nos Présidents Trésoriers de France en la même ville, et autres nos officiers qu’il appartiendra que ces présentes ils ayent à faire registrer et du contenu en Icelles faire jouir les descendants et postérité du dit Sieur Pierre du Bucq pleinement paisiblement  et perpétuellement  cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires, car tel est notre plaisir et afin que ce soit chose ferme et noble à toujours. Nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. Donné à Versailles au mois de novembre  l’an de grâce 1769 et de notre règne le cinquante cinquième. Signé Louis et plus bas par le Roy, le Duc de Praslin. Visa de Maupéou. Et scellées du grand sceau de cire verte.

Registrées ce consentant le Procureur Général du Roy pour jouir par les Impétrants leurs enfants postérité et descendance males et femelles nés et à naître en légitime de leur effet et contenu et être exécutées selon leur forme et teneur sans approbation de la qualité de Juge d’Armes de France données par les dittes Lettres Patentes à Charles d’Hozier suivant l’arrêt de ce jour à Paris en Parlement le 23 janvier 1770.

Signé Ysabeau. »

Sa mort en 1708.

Pierre a laissé son nom à une petite baie appelée « l’anse Pierre du Buc » entre la pointe « à La Chaux » et « La Pointe Marcussy », lieu de la contrebande des pirates (vente de marchandises et d’esclaves).Durant ses derniers jours, Pierre III du Buc écrivit un testament secret dans lequel il transmit l’histoire de son expatriation à ses enfants, « en leur recommandant de se réunir à leur famille de Normandie lorsqu’il y aurait prescription pour sa malheureuse affaire » de duel. Cette communication secrète, mise au jour en 1780, explique « sa fuite aux îles par la rigueur extrême des Edits contre le Duel, dans le principe de leur promulgation ». Ces mots « dans le principe » indiquant la période voisine de l’exécution de Boutteville. Il meurt à Trinité en 1708 à l’âge de 68 ans.

Conclusion sur Pierre du Buc.

Sieur Pierre III du Buc-de La Caravelle, sieur de La Caravelle et du Marigot à la Martinique, dit « le brave » ou « le traître », écuyer, rentre au service du roi en 1654, chevalier de Saint Louis, noble normand « désanobli » en 1657 par Mazarin et « réanobli » par Louis XIV : En 1702 le Conseil Souverain de la Martinique enregistre sa nouvelle et deuxième noblesse et ses nouvelles armoiries couleur locale : « d’azur, à un sauvage d’or, au chef cousu de gueules, chargé  de trois dards d’argent,  mis en fasce ».  Ces lettres,  enregistrées    le  21juillet 1701 par le Parlement de Paris et le 23 août 1701 par la Chambre des Comptes de Paris, puis le 29 août 1701 par la Cour des Aydes de Paris, enfin le 6 mars 1702 par le Conseil Souverain de la Martinique. Ces nouvelles Lettres de Noblesse parlent de 44 ans de services aux îles, rendus par « Pierre Dubucq ». Car de 1657 (départ précipité de Dieppe suite au duel) à 1701 (obtention des Lettres de Noblesse), on compte bien 44 années ; de nouvelles Lettres de Confirmations de Noblesse furent données par Louis XV à ses descendants à Versailles en novembre 1769 stipulant que la révocation de noblesse d’août 1715 ne touchait pas la dite-famille Du Buc grâce à leur services militaires, commerciaux, maritimes et grâce à leur « application au soulagement des habitants des Isles de l’Amérique » ; le contentieux provoqué par le juge Chérin qui détestait les Du Buc sera sans effet et aboutit à une décision royale définitive : Louis XVI accorde des Lettres Patentes signées de sa main le 31 mai 1782 autorisant les Du Buc de Martinique-à reprendre leur nom d’origine avec particule -ainsi que le titre nobiliaire authentique de chevalier par lignée de noblesse immémoriale reconnue par le Sceau de France; le titre nobiliaire de courtoisie de baron étant lié à la terre de Bretagnolles et réservé aux Du Buc de Normandie qui, ayant fait leurs preuves pour les Honneurs de la Cour -par preuve de noblesse prouvée avant 1400, par preuves d’alliances de marque et importance des services rendus-, ont été présentés au roi et à la famille royale avec le titre assumé par la dite-famille et accepté par le roi, qui, de sa main, sur le  nom baron du Buc de Bretagnolles inscrit sur la liste des honneurs, a écrit « bon »  ; (« Les Feoda Normania rédigés à la fin du XIIème siècle désignent Bretingnoles alias Bretagnolles comme un plein fief relevant de la chatellenie de Passy sur la rivière de l’Eure, ayant droit de haute justice, ce qui équivalait à une baronnie, dont dépendait le fief de La Boissière entre autre ;  et la baronnie de Bretagnolles fut acquise en 1249 par la Reine-Mère Blanche de Castille, mère de Saint-Louis ! Elle fit don de cette baronnie de Bretagnolles à l’abbaye de Montbuisson, donation approuvée du reste par son fils le Roi de France » d’après Louis-Etienne Charpillon, juge de Paix et Mr l’abbé Caresme (1815-1876), curé de Pinterville).-et à reprendre les Armoiries de la branche cadette des Du Buc de Normandie portant « d’argent à la bande d’azur », les Armes « d’or à la bande d’azur » étant conservées par la branche aînée des Du Buc de Normandie; Pierre du Buc est né le 13 juin 1640 sur le fief de Guéville alias Guiville-Guainville-Guesville au petit château de son père assis à Trouville-La-Haule (Eure) près d’Elbeuf ; il passe son enfance sur les terres de la famille du Buc entre Vitot et Iville près de Crosville-La-Vieille (Eure) appartenant à la famille depuis 1259 avec Richard II du Buc comme premier feudataire à Iville ; il passe son adolescence chez son grand-père au château du Fontenil à Saint-Sulpice sur Risle (Orne) ; mort en 1708 à La Trinité (Martinique) cité en 1654, 1660, 1671, 1678, 1689, 1691, 1692, Cadet au Régiment de Malte de 1654 à 1657,  il tue en duel en 1657 en Normandie son cousin le chevalier Antoine de Biencourt, seigneur du fief de Chauvincourt, près d’Étrépagny dans l’Eure, ce Biencourt marié en 1650 à Marie d’Épinay, veuve de Mr Daniel de Boisdennemets, fils du chevalier Charles de Biencourt (seigneur de Chauvincourt, chevalier des ordres du toi, écuyer en sa grande écurie, et commandant de son Académie Royale). Pierre subit la dérogeance royale (il perd sa noblesse à cause du duel) et s’enfuit à la Martinique chez Jacques Dyel du Parquet qui le protège juste avant sa mort le 7 janvier 1658, il obtient la concession du « Marigot » puis la concession de « La Caravelle » après son combat victorieux  contre les Caraïbes à « La-Case-du-Borgne » près de Sainte-Marie, il acquiert par la suite les terres de Des Marinières et du Galion, flibustier, contrebandier, négociant triangulaire, esclavagiste, agriculteur-planteur, possède une sucrerie à Saint-Pierre et une sucrerie à La Trinité, lieutenant d’une compagnie d’infanterie en l’Isle Martinique (1687),soldat à la bataille de Saint-Eustache et de La Pointe-Blanche (1689), lieutenant d’une compagnie de Milice en l’isle Martinique (1691) puis capitaine de grenadiers au Régiment de Piquigny (1691) lieutenant aux combats de Guadeloupe et de Martinique (Antigoa, Nevis, Monserrat, Tabago, Sainte-Luce, Corossol, Fort-Saint-Pierre), il a laissé son nom à une petite baie appelée l’Anse Pierre du Buc entre la pointe La Chaux et La Pointe Marcussy, lieu de la contrebande des pirates (vente de marchandises et d’esclaves). 2 mariages : -1- marié (2 enfants issus de ce 1er mariage)  en 1671 à la veuve Renée Blondeau, veuve de N. Damalet et de Louis du Clos, née en 1638. .2. marié (3 enfants issus de ce 2ème mariage)  à Françoise Thérèse Gombauld native de Guadeloupe fille du sieur Siméon Gombauld et de Gilette Prarie, contrat de mariage accordé le 26 juin 1687 et passé au quartier de la Capesterre devant Pierre BIROT , notaire royal en l’Isle Martinique.

Archives  Nationales (CARAN). Hôtel de Soubise, Le Haut Marais. Paris.

Archives des Colonies.

Croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint Louis pour Pierre du Buc. Colonies. Correspondance Générale. M. de Machault, Gouverneur Général. M. de Vaucreson, Intendant. 1706-1708 : la Croix St Louis est accordé à Pierre du Buc d’après une lettre du 10-11-1706 (Arc Nat F°134-135 C8A16) du Sieur Mithon à Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain Secrétaire d’Etat à la Marine et des Colonies. Le sieur Mithon, qui s’adresse au ministre rappelle que « l’on nous a assuré que vous aviez gratiffié le Sr Dubuc de la Croix de S. Louis pour les bons services… », et « en considération de ses services et de ceux de son père ». (Arc Nat Cote F°134-135 C8A16). Ce document se trouvent dans « La Saga des Du Buc ».

Le Sieur Mithon                                            A la Martinique, ce 10 Novembre 1706

Monseigneur,

(…….début de lettre concernant d’autres faits et d’autres personnalités……). Vous avez fait accorder, Monseigneur, au Sieur Collard des Lettres de Noblesse gratis et l’on nous a assuré que vous aviez gratiffié le Sieur Dubuc de la Croix de S. Louis pour les bons services qu’ils ont rendu dans toutes les occasions donnant par leur exemple de l’émulat aux milices et se portant dans les actions qui se sont présentées avec une valeur digne de récompense, ces grâces ont fait sur l’esprit des officiers de milices tout l’effet que vous pouviez en attendre et la noblesse qui refusait d’entrer dans ce service en a accepté volontiers les employs depuis qu’elle voit que les marques d’honneurs sont accordées à ceux qui s’y distinguent comme dans les troupes régulières, mais le dit Sieur Dubuc dont on vous a rendu des témoignages plus advantageux qu’aucun d’eux, se trouve extrêmement mortiffié d’apprendre par les derniers vaisseaux, que tandis qu’on accorde gratis des Lettres au dit Sieur Colard, il se trouve taxé à mil écus pour celles qu’il a acquises depuis 5 à 6 ans plutost en considération de ses services et de ceux de son père (Jean-François du Buc du Pacquerel, lieutenant des Gardes du Duc d’Elbeuf, cousin du Roi, réanobli en 1623 par Louis XIII pour ses exploits militaires et ses blessures, et compagnon de Belain d’Esnambuc, Duplessis d’Ossonville, Liénard de L’Olive) que par l’argent qu’il luy en a couté, le Roy luy faisant expressement remise de toutes les taxes qui pourraient être faites sur ces nouveaux nobles suivant les termes des dites lettres, Mr le Général (Mr de Machault) et Mr l’Intendant (Mr de Vaucresson) doivent vous en écrire et vous reconnaitrez, Monseigneur que ce n’est ny par prévention ny par prédilection que je vous ay rendu cy devant de bons témoignages de luy mais par la seulle veüe du bien publique pour animer du meme esprit nos habitants par les récompenses qu’il vous plait leur accorder. Je suis avec un très profond respect (…), monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. Signé : Mithon

Le Roi et L’Etat reconnaissent les valeurs militaires de Pierre du Buc, rentré au Régiment dès l’âge de 14 ans, mais aussi celles de son père Jean-François du Buc, soldat du Roi et de Richelieu, engagé pour la conquête de l’Asie à Sumatra et Java avec Mr de Beaulieu (1619-1622) et des Iles de l’Amérique avec Mr Belain d’Esnambuc (1623-1635).

Archives  Nationales (CARAN). Hôtel de Soubise, Le Haut Marais. Paris.

Archives des Colonies.

Suppression des taxes de noblesse pour les Du Buc. Colonies. Correspondance Générale. M. de Machault, Gouverneur Général. M. de Vaucreson, Intendant. 1706-1708. Le 8 décembre 1706, Mr de Machault demande au Ministre la supression des taxes de noblesse dues par les Du Buc (Arc Nat F°145-147 C8A16) (Arc Nat F°145-147 C8A16). Ce document se trouvent dans « La Saga des Du Buc ».

Une biographie du colonel Pierre du Buc de La Caravelle, dit le Brave, est faite par notre cousine Mme Anne-Marie Martin du Theil en 1932 dans : « Silhouettes et Documents du XVIIIème s, ou l’histoire d’une Sultane Française » , Périgueux, Imprimerie Commerciale et Administrative, 1 bis rue Victor Hugo. Un volume, avec gravures, couronné par l’Académie Française, publié à 200 exemplaires sur papiers bouffant MAC des papeteries Prioux, foliotés de 1 à 200. Ce livre a reçu en 1933 une médaille de bronze de la Société d’Encouragement au Bien, déclarée d’utilité publique. Ce livre a été également l’objet d’une récompense plus flatteuse encore et a reçu un prix de l’Académie Française. En 1935, lors du Tricentenaire des Antilles, ce livre a fait l’objet de conférence à Limoges le 3 mai 1935 par Mme Martin du Theil, le 22 mai 1935 par le Docteur Dufougeré sous la présidence de Mr Henry Lémery, sénateur de la Martinique. Collection Famille Du Buc. Ce document reproduit se trouve dans « La Saga des Du Buc ».

 

                                                                                                          Fin

                                                                                 Y.B. du Buc de Mannetot.

 

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